Cyclotourisme, été 2023

Récit d’une aventure solo en cyclotourisme à travers les régions de Chaudière-Appalaches, Bas St-Laurent, Côte-Nord et Gaspésie du 8 août au 4 septembre 2023

En bref

Pour ceux qui aiment les chiffres :

  • 1 757 km parcourus en vélo
  • 27 jours de vélo et 1 jour de congé
  • Nombre de nuits en tente : 23
  • Vitesse moyenne de 17 km/h (sans considérer les pauses)
  • Moyenne de 6h30 de vélo par jour (incluant les pauses)
  • Plus petite distance parcourue en une journée : 26,5 km
  • Plus grande distance parcourue en une journée : 85,6 km
  • Plus courte journée de vélo : 2h15
  • Plus longue journée de vélo : 10h40
  • Nombre de crevaison ou bris mécanique : 0
  • Nombre de fois où j’ai perdu une « pine » pour mon Bob Yak : 3

Pour les plus colorés, ma « top list » de chansons que j’ai chanté à tue-tête dans le vent ou dans ma tête en montant des côtes :

  • Emmenez-moi au bout de la terre… (Charles Aznavour)
  • Aujourd’hui « j’vais retrouver » l’homme de ma vie… (Diane Dufresne)
  • On n’emprisonne pas les chats sauvages… (Marjo)
  • « Cacouna » (sur l’air de Tequila, The Champs)
  • Om Namo Narayanaya (mantra pour la paix intérieure)

Pour les voyageurs qui aiment les rencontres humaines, voici quelques visages qui ont croisé ma route :

Benoit qui a affronté la pluie avec moi pour ma première journée.

François qui a partagé une pause diner sur la route à Kamouraska lors de son retour de la Gaspésie.

Rebecca, la cyclotouriste ontarienne que j’ai rencontré alors qu’elle était sur le point de terminer son parcours solo en cyclo.

Guylaine, une amie d’un ami de St-Élie, qu’on croise toujours où le party se trouve… ici à Tadoussac.

Benoit et ses gars pour une nuit de camping à Grandes-Bergeronnes.

Carole et Théodore, une grand-maman cool et son p’tit fils en road trip sur la Côte-Nord, le temps de casser la croûte ensemble.

Un compatriote de cyclotourisme à la recherche d’eau douce à filtrer.

Christian et Caroline, des amis de plein air croisés sur la route après les côtes Madeleines!!!

Isabelle, une fille incroyable, en rando sur le S.I.A depuis 22 jours, rencontrée à la halte routière Grand-Étang dans le nord de la Gaspésie.

Angelle, mon amie et ancienne collègue naturaliste en Mauricie, pour partager une superbe rando à Forillon.

Candide, amie et ancienne collègue de travail à Forillon, m’a accueilli chaleureusement chez elle et Firmin pour la nuit.

Olivier et Marika, un couple navigateur extraordinaire, accosté à la marina de Chandler. Ils m’ont invité à vivre un moment de bonheur de leur vie.

Mon père et mon oncle José qui ont décidé de partager la route sur 2 roues avec moi durant une journée entre Bonaventure et Carleton.

Ma mère qui assurait la « logistique »! 😉

La cousine d’un ami, cyclotouriste et protectrice de bassin versant, qui m’a généreusement accueilli chez-elle à Amqui.

Benoit pour un camping tout en hauteur près de Cacouna.

Visite surprise de mes parents en moto avant notre départ de Montmagny pour la dernière journée.

Nicole, ma tante amoureuse du vélo, pour le plaisir de rouler ensemble un moment à Lévis.

Benoit, Mélanie (mon amie de toujours) et son chum Sébastien pour l’excitation partagée des derniers kilomètres jusqu’à St-Rédempteur. C’était vraiment l’fun de finir mon aventure entourée de gens que j’aime!

Présentation

Je me présente d’abord, Marie-Eve Caissy. Une fille de la Mauricie, une fille de Shawi, dont les parents sont originaires de la Baie-des-Chaleurs, en Gaspésie.

Depuis mon plus jeune âge, la Mauricie pour moi, c’est l’école, les amis, le p’tit camp, le camping, les camps de vacances, la forêt, les chutes, les lacs, le St-Maurice, les randonnées, le vélo, le canot, l’escalade, le ski et la proximité des villes. La Gaspésie, c’est les vacances, la famille, l’accueil, les histoires, le temps, la mer, les montagnes, les plages, les quais, les bateaux, les grands espaces, les sourires.

L’idée de départ était de faire une boucle en ralliant à vélo ces deux endroits qui sont ancrés en moi. Cependant, selon le nombre de jours que je disposais, je trouvais l’ampleur du projet un peu trop exigeant. Au-delà du défi, je voulais d’abord faire un voyage où j’aurais le temps de flâner, admirer, rencontrer, réfléchir. J’ai donc décidé de débuter mon périple chez des amis à St-Rédempteur, près de Lévis. Je réduisais ainsi mon parcours d’environ 320 km. Restait le plan de parcourir plus de 1 700 km en 28 jours, soit du 8 août au 4 septembre. C’est bon! J’avais un plan qui me plaisait! 😊

Le vélo

À l’été 2022, j’ai roulé de Rivière-du-Loup avec mon chariot et mon matériel de camping jusqu’au Gîte du Mont Albert. J’ai évité la pluie durant les 6 jours de mon périple.

Vite de même, j’ai bien l’impression que je vais devoir rouler sous la pluie au moins durant quelques heures cette année! 😉 28 jours sans pluie, ça serait surprenant! Surtout du fait qu’on a un été plutôt pluvieux cette année. Ça sera l’occasion d’apprécier le garde-boue de motocross que Benoit, m’a trafiqué et que j’ai installé sur mon vélo de route. Voici à quoi le tout ressemble. Vous en pensez quoi? Ha! Ha!

En passant, vous voyez bien que je n’ai pas vraiment un vélo adapté au cyclotourisme. C’est un cadre Ceepo en carbone principalement adapté au triathlon sur lequel j’ai fait installer les roues de mon ancien vélo de route. J’ai également changé toutes mes composantes de vélo afin de me donner au moins une chance de monter les côtes de la Gaspésie!

Je ne peux pas installer des sacoches sur ce vélo. Il n’est pas adapté pour ça. Voilà pourquoi l’option du chariot s’est imposée. Ça fonctionne très bien pour l’instant sur les routes du Québec.

Le parcours

J’aime beaucoup les paysages diversifiés du Québec et j’ai un faible particulier pour notre majestueux fleuve St-Laurent! J’avais le goût de prendre du temps avec eux. J’avais envie de m’offrir un beau « road trip » à vélo pour aller à leur rencontre. Pourquoi à vélo? Pour le rythme, les odeurs, les yeux qui voient tout, les arrêts spontanés, les rencontres magnifiques, le grand air, le goût de la liberté!

J’ai bâti le squelette de mon parcours en me basant sur une grande moyenne de 65 km/jour, à raison de 4 à 5 heures de vélo/jour en considérant une moyenne d’environ 15 km/h. C’est certain que j’étais consciente qu’il y aurait des sections plus rapides, mais je savais aussi qu’il y en aurait des plus lentes. Je me disais que ça devrait se compenser dans l’ensemble.  

Ainsi, j’étais en mesure de prévoir prendre le traversier Rivière-du-Loup / St-Siméon le 10 août et celui de Baie-Comeau / Matane le 15 août. Je pensais arriver au parc Forillon le 20 août, à Carleton le 25 août et de passer par le parc du Bic le 30 août. Bien sûr, rien n’était coulé dans le béton et je n’avais pas de boule de cristal, mais ce fut ma façon de découper le grand objectif en de plus petites bouchées. C’était aussi une façon de donner une idée à mes amis et ma famille à quel endroit je risquais d’être durant ces périodes. En fait, en parallèle, je rêvais de pouvoir partager à certains moments cette expérience avec des personnes que j’aime. Certaines invitations ont été lancées! Pour mon plus grand bonheur, certaines invitations ont trouvé preneurs! 😊

Nous voici donc au début du récit de cette belle aventure…

On roule avec Marie : mon blogue

Durant mon parcours, j’ai partagé mon aventure avec mes proches à travers un blogue journalier que j’avais créé pour l’occasion. Voici quasi l’intégralité de ce partage.

Jour zéro… ou la veille du départ (7 août 2023)

Ça y est ! Tout le matériel est prêt. Je stress un peu. Mon chariot avec mon matériel pèse 60 lbs! Voici à quoi ressemble mon chargement. Je trouve ça gros, mais je devrais m’habituer bientôt… enfin j’espère. 😉

Je suis allé faire un « road test » avant de partir de la maison pour m’assurer que tout fonctionne encore. C’est bon! Je suis encore capable d’avancer à un rythme raisonnable. Je ne gagnerai pas des concours de vitesse, mais ça devrait aller! 🙂

Je suis ensuite parti en voiture pour me rendre chez mes amis à St-Rédempteur, lieu de départ prévu demain. Benoit a décidé de venir pédaler avec moi les premiers jours! C’est génial! Je me sens fébrile! C’est un projet à lequel j’ai cru et que j’ai ensuite créé dans ma tête. J’en ai parlé et j’ai fait tout le nécessaire pour que ça se réalise. Et voilà que ça y est! J’y suis!

Je réfléchis sur le fait que tout ce que nous voulons dans la vie fonctionne de la même façon. C’est en fait un principe en yoga : nos croyances deviennent nos pensées, nos pensées deviennent nos paroles, nos paroles deviennent nos actions, nos actions deviennent nos habitudes, nos habitudes deviennent notre personnalité créant ainsi notre destin! Rien de moins! Je vous laisse méditer là-dessus! 😉

Je vous disais que ça se pourrait que je roule sous la pluie cette année. Et bien! Ça commence demain! Miss Météo est en feu! Ils annoncent la flotte demain, je dirais plutôt, le déluge !!! J’ai un plan A, B et C. On verra lequel je choisirai demain. 🙂

C’est parti! – Jour 1

Plan A: Miss Météo s’est trompé. On se retrouve seulement avec des averses dispersées. On part Benoit et moi comme prévu.

Plan C : c’est le déluge total, le vent n’a juste pas d’allure. On va au cinéma, on chill. On se rend à Montmagny en auto.

Plan B : il mouille, il vente, mais c’est passable. Benoit se rend à Montmagny en auto avant moi avec une partie de mon stock. Ça me permet de rouler plus léger et de mieux me familiariser avec mon Bob (chariot) et une partie de mon matériel sous la pluie. C’est le plan B qui a gagné!

On s’est rejoint à mi-chemin Benoit et moi ce qui nous a permis de faire la moitié du parcours ensemble. C’était parfait comme plan vu la situation. Je vous dis déjà le punch : on a réussi à finir ça à Montmagny, mais on s’est pris un motel! La tente ce soir, ça n’avait juste pas de bon sens. La chambre est remplie de stock à faire sécher. Demain, la météo est supposée être de notre bord. Alléluia !!! 🙂

Je suis partie à 9h35 ce matin et on a terminé vers 18h. Grosse journée ! J’ai comme on dirait eut un faux départ ce matin. En voulant fixer mon chariot sur mon vélo ce matin, oh malheur, il me manque une attache! La genre de corde en caoutchouc qui retient l’attache est brisée. Je ne vois pas l’attache dans le garage où je suis. Oh non, j’espère qu’elle n’est pas resté dans la boîte du camion à Benoit!! Vite, coup de fil, il était sur le point de partir. Il cherche, pas d’attache de son côté. Pendant ce temps, je cherchait de mon côté dans l’entrée de la cours et Eurêka! La voilà ! Fiou!!! Je commençait à avoir chaud! Et bien sûr, grâce à mon Duck Tape légendaire, je peux maintenir le tout en place. Ceux qui me connaissent bien, savent toutes les choses innombrables et inusitées que j’ai déjà réparé avec mon ami le Duck Tape. 😉

Je réinstalle le tout dans mon chariot bien fixé à mon vélo et ça y est! C’est le départ! On danse littéralement mon amie Chantal, ses filles et moi. C’est un beau moment! Photo de départ, accolades et me voilà en selle!

Les premiers 20 km sont très agréables malgré la pluie. Je suis sur une piste cyclable hyper bien aménagé. Mon coeur est heureux. J’ai le sourire accroché aux lèvres. Je croise deux cyclotouristes en sens inverses. Je leur fait des saluts très joyeux et complices. Voici quelques photos de cette première portion. Je n’ai pas pris beaucoup de photos. Je vous rappelle qu’il mouillait fort, très fort! 😉

Juste avant d’embarquer sur la 132, je parle à Benoit et on convient que Beaumont sera notre lieu de rendez-vous. Il me reste environ 10 km à faire. Il ne me reste plus beaucoup de batterie pour mon cellulaire. Je décide de le fermer et de l’ouvrir juste un peu avant Beaumont pour rappeler Benoit et savoir si l’un de nous deux à trouvé un bon endroit pour se reposer un peu. Ce 10 km est beaucoup moins intéressant. C’est pas mal moins l’fun avec les voitures. Ça fait du bruit et ça arrose avec du sable.

J’arrive à Beaumont, je tente d’ouvrir mon cellulaire, il se referme aussitôt. Je n’ai plus de batterie. Je roule encore un peu, mais je ne veux pas manquer Benoit. Je vois une école, je m’approche en ayant l’idée d’y trouver peut-être une prise à l’extérieur, mais j’y trouve plutôt des enfants sur leur heure de dîner. Un garçon très poli s’informe si j’ai besoin d’aide. Je lui explique ma situation. Il m’offre d’entrer pour téléphoner avec le téléphone de l’école. J’accepte. Dans ma tête, il y a un téléphone au mur dans le corridor comme dans mon temps. Ha ha! Et non! Il cogne plutôt à une pièce et j’y vois deux dames en train de travailler sur leur ordinateur. Il explique ma situation à son tour et une des dames me dirige vers un téléphone plus loin. Je dégouline et je suis plutôt gênée. J’appelle tout de même Benoit et il me dit qu’il m’attend à l’église, à peine quelques mètres plus loin.

Contente de retrouver Benoit. Il me dit qu’il a acheté des fraises. Miam! L’église est ouverte et un autre jeune garçon hyper sympathique et compétent est là pour nous offrir une visite de ce site patrimonial, une église de bientôt 300 ans! On s’est réchauffer un peu, on a grignoté pendant cette visite qui fut fort intéressante. Il y avait, entre autre, plusieurs trésors d’ébénisterie là-dedans.

On a faim et on aimerait se reposer pour vrai dans un endroit confortable. Le garçon nous suggère un resto à 10 km plus loin. C’est là qu’on s’en va! C’est l’fun de rouler avec Benoit! Une bonne soupe maison nous attend et j’en profite pour recharger mon cellulaire au resto. Je change également de gilet pour un autre un peu plus chaud.

Le dernier 30 km a été plus difficile. On avait le vent de face et il était plutôt fort par moment. La pluie voulait se calmer par bout, ce qui était tout de même une bonne chose. On a même eu droit de l’aide d’un pommier qu’on a trouvé par hasard. Il nous a offert à chacun de nous une de ses pommes. 🙂

Et on a fini par se rendre! Complètement mouillé à la grandeur, mais heureux et fiers de notre journée !

Un jour sans pluie, c’est agréable! – Jour 2

Aucune pluie prévue aujourd’hui ! Youpi!! Beaucoup de matériel à ranger dû à la pluie d’hier. Je fini de faire sécher le plus possible mon linge, mes souliers, etc, ce matin. Tout compte fait, on réussi à partir vers 10h40. C’est tard, mais la bonne humeur est toujours là!

Ça roule bien. On a un petit vent de dos et c’est pratiquement plat. C’est nuageux, mais c’est parfait! Pas trop chaud, pas trop froid. C’est excellent comme première journée avec le chargement complet.

Le paysage sous nos yeux est magnifique. Je vois bien les côtes de Charlevoix que j’ai évité et la présence du fleuve qui se fait de plus en plus sentir. Nous croisons également beaucoup de champ, des vaches, des chevaux. C’est agréable de voir tranquillement le paysage défiler de chaque côté de la route. Et vous savez quoi? Les cours d’eau et fossés sont gorgés d’eau! Et oui!

On dîne à la halte de l’Islet-sur-mer. Il y a des sculptures de sable. C’est vraiment beau ce que des artistes réussissent à faire. Il y a des pécheurs. C’est un bel endroit, mais ce n’est pas vraiment tranquille. Pour cause, c’est aussi l’heure du dîner d’un camp de jour ! Un coup rassasié, on repart sur nos vélos.

On décide d’arrêter plus loin à la Seigneurie des Aulnaies. Endroit magnifique! On rencontre le jardinier fort sympathique qui nous parle de l’endroit. Nous avons appris plein de choses incroyables. Il y a le manoir du Seigneur à visiter avec ses plafonds de 12 pieds et nous nous trouvons à côté d’un moulin hyper ingénieux pour l’époque et toujours fonctionnel! Il y a à l’intérieur une roue de 26 pieds de haut! La roue n’est pas actionnée directement par la chute comparativement à plusieurs moulins, mais par un système qui amène l’eau à l’intérieur. Il y a une visite guidée du manoir et du moulin. Je suis certaine que ça doit être très intéressant.

C’est à cet endroit que nous allons malheureusement se quitter Benoit et moi. Son genou le fait souffrir et il doit revenir à Montmagny d’ici vendredi. Ça nous fait tout bizarre. Je ne suis pas parti aussi longtemps depuis que nous sommes ensemble. On va certainement avoir pleins de choses à se raconter à mon retour! Une petite bouffe avant de se dire aurevoir? Bien sûr! 🙂

De mon côté, il me reste 22 km à faire avant d’arriver au camping de la Rivière Ouelle. Vu l’heure tardive, c’est à cet endroit que je vais m’arrêter. Après avoir emprunté une piste cyclable de la route verte, je rebrousse chemin pour revenir sur la 132 puisque la piste était sur gravier et il m’était difficile de manoeuvrer sur ce terrain. Le camping de la rivière Ouelle : un endroit de toute beauté ! Je vous laisse en juger avec ces photos.

Juste avant d’arriver.

Mon site de camping. Un site sur ce qu’ils appellent la réserve, un endroit qui accueille les cyclistes à l’improviste. Je continue d’essayer de faire sécher mon linge.

Et pour finir, le coucher de soleil!

Sur ce, c’est le temps de dormir. À demain! 🙂

Vive le vent – Jour 3

Je pars de Rivière Ouelle, il est 9h20 et je veux prendre le traversier à Rivière-du-Loup le jour même. Il vente. Avoir le vent de face en vélo, c’est comme monter une côte qui ne fini pas! Beaucoup d’efforts pour peu de km.

Ce fut toutefois une agréable journée. Il y a même le soleil qui s’est pointé le bout du nez quelques moments. Ce n’est pas rien!

Avant de quitter mon site de camping, j’ai parlé à plusieurs personnes qui étaient en cyclotourisme. D’ailleurs, la réserve de ce camping est vraiment super bien aménagé pour les cyclos. Le partage d’expériences, les sourires et les encouragements étaient au rendez-vous. Une fille en particulier qui avait déjà fait la côte nord était là pour me rassurer. Elle m’a tout simplement dit d’un air calme et serein: « La Côte Nord, ça se fait! Pis ça vaut vraiment l’effort! » Youpi! Super! Je ne change pas d’idée, j’y vais!

Je pars. Je quitte cet endroit magnifique. Il fait beau. La route verte m’a amené sur la route du littoral. C’est toujours agréable quand on peut quitter la 132.

Mon ami François, compatriote de mes plus grandes aventures, était sur son chemin de retour de la Gaspésie avec ses deux garçons et on avait prévu se croiser cette journée-là. C’est cool, non? Nous avons dîné ensemble à Kamouraska. Un beau village touristique. Un autre « boost » de bonheur pour continuer ma journée!

En quittant, je lui ai dit à la blague :  » je dois quitter, j’ai un bateau à prendre! ». À ce moment là, je savais que je devais oublier l’embarquement de 14h45, mais je croyais que j’avais en masse de temps pour l’embarquement de 18h. J’avais 46 km à faire.

Les beaux champs de Kamouraska que j’avais dont ben hâte de rouler là, je les trouvais pas mal bruyant avec tout ce vent et me semble qu’ils étaient plus grands que dans mes souvenirs! J’avançais à pas de tortue. Je commençait à me dire qu’il y a une possibilité que je couche à Rivière-du-Loup. Encore une fois, le paysage est par chance toujours là pour nous accompagner.

Enfin! Un endroit pour s’arrêter, juste avant d’arriver à l’auberge de Notre-Dame-Portage, un endroit où je suis déjà venu avec ma famille. Je dois manger un peu. Je regarde l’heure, les km qui me reste à parcourir et je dois me faire à l’idée, je dois coucher à Rivière-du-Loup. Le traversier, ça va devoir attendre à demain. Je cherche un endroit et ça fini que je choisi le camping de la Pointe, le même camping où j’avais débuté mon périple de l’an dernier.

Après avoir mangé tout en jasant avec un couple dont la dame a déjà fait 3 semaines de vélo dans les Pays Bas il y a 45 ans (!!!), je repars avec plus d’énergie. Et ça va bien mon affaire! Je suis plus à l’abri du vent, les km s’accumulent plus vite que prévu. Je vais réussir à me rendre au traversier à temps. Il était 17h30 quand je suis arrivé. Super!

Et voilà! Je débarque sur la Côte Nord! En sortant, un employé du traversier me dit en riant : « En tout cas, tu vas avoir un bon test en partant ! » Il rit un peu trop. Qu’il continu à se marrer, j’ai une côte à monter! 🙂

Je suis arrivé à mon camping de St-Siméon à 20h sous une fine pluie juste avant la brunante. Ouf! Lets go Marie! Ce n’est pas fini! Monte ta tente, prend ta douche, cuisine, mange, bois beaucoup, planifie ta journée du lendemain, quelques réponses à des messages reçus et dodo! Il était 23h. Je ne vous ai pas écrit, désolé.

La Côte Nord commence… lentement – Jour 4

Comment dirais-je… c’est encore humide ce matin. Hier, j’ai vu mon site de camping de soir et ce matin je le vois mouillé! 😉 Je réussi à partir vers 10h. C’est toujours plus compliqué ranger en camping quand il pleut. Ça pourrait être pire en fait, je dirais qu’il fait juste « mouillasser ».

Pour sortir du camping et rejoindre la 138, je dois pousser tout mon attirail en haut d’une côte en gravel. C’est pesant, ça va pas vite.

Ensuite, j’ai la pire côte à faire jusqu’à Baie-Comeau selon le gars du camping. En fait, il m’a dit qu’il y avait elle et celle de Tadoussac, ma destination de la journée. Sérieusement, je l’ai trouvé raide. C’était vraiment un coup de pédale à la fois. Mon coeur battait fort, j’étais en toute puissance, j’atteignais un gros 4 km/h!! Voici une photo d’en haut d’une côte parce que c’est là que je prend mes pauses. 😉

Et finalement, je vois cette pancarte! C’est un peu plus encourageant! Je dois bientôt arrêter dîner. Oh! Super! Il y a une halte routière dans 1 km.

Oh! Cool! Il y a une autre cyclotouriste sur le site. Elle s’appelle Rebecca. C’est une fille du nord de l’Ontario qui en est à sa 12 journée de cyclo. Elle termine ça à Tadoussac justement. Super! Elle s’apprête à partir alors que je n’ai pas encore terminé mon dîner, mais on se donne nos coordonnées en se disant qu’on aura sûrement l’occasion de se voir en soirée. Elle avait prévu laisser une roche peinte « qui voyage » sur la table qu’elle a trouvé quelques jours plus tôt. C’est moi qui la fera voyager pour quelques jours. Une belle coccinelle! 🙂

La beauté des terrains côteux, c’est aussi qu’il y a des côtes qui descendent. C’est comme des km gratuits! On m’avait beaucoup parlé des côtes de la Côte Nord en parlant toujours de celles qui montent. De penser qu’il y en a aussi qui descendent, me semble que c’est un bout important à savoir! 😉

Je commence aussi à voir de beaux paysages typiques de la Côte Nord. Je me rapproche de Baie Ste-Catherine.

J’arrive pile poil sur le traversier. J’ai juste eu besoin de ralentir un peu et voilà, je suis à bord et le bateau quitte le port. C’est comme si c’est à ce moment-là que je réalise où je suis rendu et je suis fière de moi.

Étant donné que j’avais du matériel encore mouillé et qu’il n’allait certainement pas sécher dans la journée, j’avais téléphoné le matin à l’auberge de jeunesse de Tadoussac pour réserver un lit. Je pourrai dormir au sec, faire mon lavage et faire sécher mon matériel. Avec mes « tâches » à faire, je contraste un peu beaucoup avec le monde qui « chill » solide! 🙂

Ma lampe frontale ne fonctionnait plus la veille, j’avais aussi perdu mon drapeau sur le traversier Rivière-du-Loup/St-Siméon et voilà que je crois qu’on vient de me voler mes lunettes! Je dois aller magasiner. Ceux qui me connaissent savent combien j’aime magasiner. 😉

Le propriétaire de ce bike shop m’a donné un drapeau qui ne servait plus et j’y ai trouvé une lampe frontale. C’est aussi à cet endroit que j’ai pu laver mon vélo et faire quelques ajustements. C’est dans une boutique souvenir que j’ai trouvé une nouvelle paire de lunettes. Yé! Mon magasinage est terminé!

C’est le temps d’aller rejoindre Rebecca, qui revient de sa croisière aux baleines, au Gibard, un resto/bar. Nous avons passé un vrai bon moment ensemble à partager nos réflexions, nos impressions, nos aspirations. La bouffe était bonne et l’ambiance super avec un chansonnier qui nous a fait cadeau de cette chanson que j’adore et qui « fit » avec mon périple! 😉

Rebecca a beaucoup aimé la crème glacée du Québec trempée dans le chocolat. On ne pouvait pas passer à côté!

Retour à l’auberge avec Rebecca qui aimerait bien trouvé un « lift » pour retourner à Montréal le lendemain au lieu de prendre l’autobus qui part seulement à 16h. Casabon, un band de Limoilou, jouait à l’auberge. On a eut beaucoup de plaisir avec leur musique. Ils sont très bons en spectacle.

Une belle soirée avec ma nouvelle amie pour fêter la réussite du défi qu’elle s’était lancée. De mon côté, une autre preuve que « ça se fait »! 🙂 Et psstttt! Mon linge sent bon et il est sec! 🙂

De la visite – Jour 5

Je pars de Tadoussac avec ma nouvelle lampe frontale, mon nouveau drapeau et mes nouvelles lunettes. Une autre bonne côte à monter en partant. C’est fait!

J’arrête au Lac à Jérôme pour dîner. Bel endroit. Je me régale. J’ai un restant de mon panini d’hier et une soupe de légumineuses que j’ai cuisinée avant de partir ce matin.

Benoit et ses garçons viennent me rejoindre en camping dans le coin de Grandes-Bergeronnes ou les Escoumins ce soir. Youpi! Je tombe là-dessus juste avec de quitter après le dîner. Je n’ai rien bougé. C’était tel quel. J’ai une pensée pour « ma gang ».

Il fait beau, j’ai un vent de dos, le paysage est merveilleux. Mon corps répond bien. La vie est belle!!! J’ai même trouvé pleins de bleuets ! Miam! Miam! J’ai l’impression que je vais avoir la chance d’en manger à chaque jour ici si je veux.

Je viens tout juste de quitter ma cueillette de bleuets quand Benoit me dépasse en camion. Il est environ 14h30, on est entre Grandes-Bergeronnes et les Escoumins. Il n’y a plus de terrain de camping disponible au Paradis Marin et à Mer et Monde. Reste Cap Bon Désir à Grandes-Bergeronnes ou un camping aux Escoumins. C’est Cap Bon Désir qui gagne.

On avait convenu que je continuerais en vélo encore quelques temps vu que les conditions sont parfaites. Benoit avait accepté de venir me chercher et de me ramener le lendemain matin à l’endroit où je serai rendu. Trop cool, non? Encore une fois, le support de Benoit est grandement apprécié !!!

Je roule, ça va bien, j’ai le sourire aux lèvres. Je dois vite trouver en endroit pour arrêter. Je ne veux pas exagérer sur les km supplémentaires que Benoit devra faire. Je cherche un endroit adéquat. Je ne veux pas juste arrêter « no where » sur le bord de la 138.

Je vois une pancarte Petits-Escoumins. Il y a un pont et je vois plus bas à l’embouchure de la rivière un bloc de béton où je pourrai accoter mon vélo et mon chariot. L’endroit semble magnifique. C’est parfait! J’arrive et il y a une maison tout près.

Un homme y sort pour me demander si tout va bien. Je lui explique ma situation et me voilà bientôt assise sur leur galerie une tasse des Nordiques avec un peu de bière à la main (il avait compris que j’étais originaire de Québec). Je rencontre sa blonde Sarah, c’est la journée de sa fête. Leur fille Charlie est avec eux, la mère de Sarah, leur chienne Clochette et voilà que le voisin vient nous rejoindre. On jase, j’ai pleins de plaisirs, on rit. J’ai rarement vu mieux lorsqu’on doit attendre son « lift ».

Benoit arrive, il reçoit le même accueil. Ils nous proposent de laisser le vélo sur place. On accepte. C’est ça de moins à charier.

De retour au camping, les tentes sont déjà montés et Benoit avait déjà commencé le souper! Il y a une papillote de légumes en train de cuire sur le BBQ. Il a prévu des saucisses pour accompagner le tout. C’est le bonheur! Encore merci Benoit! J’ai même eu droit à un dessert chocolaté « pas piqué des vers »! 😉

Après s’être bien rassasié, on décide d’aller faire un tour sur le bord du fleuve. Ces moments me touchent particulièrement. C’est beau, tout simplement.

Je profite également de la présence de Benoit pour me débarrasser de la petite chaise que je traînait (!!) et du linge en trop. Je vais rouler un peu moins lourd demain et je vais surtout avoir plus d’espaces pour charger mon chariot. Youpi! Merci Benoit d’avoir particulièrement contribué à cette magnifique journée! 🙂

La fatigue s’installe – Jour 6

Comme prévu, Benoit revient me porter à Petits-Escoumins. P-O nous annonce qu’il n’a pas vendu mon vélo sur Marketplace. Super! Tout mon matériel est débarqué. Je fais mes saluts! Avant de partir, le couple qui ont dormi dans leur véhicule sur place se prépare à quitter également. On jase, ils aiment mon histoire, ils sont photographes. L’homme me demande s’il peut prendre mon portrait. J’accepte. Il était supposé m’envoyer la photo par courriel. Je ne l’ai jamais reçu. Voici celle prise par Benoit. 😉

Assez vite, je me retrouve à côtoyer les paysages typiques de la Côte-Nord. La journée est difficile. Il ne pleut pas, mais c’est nuageux et il fait froid. J’ai un bon vent de face qui n’aide pas ma cause.

Malgré tout, j’avance et j’arrive à une première halte routière. Je suis à Longue-Rive. En cherchant les toilettes, je m’aperçois qu’il y a une magnifique chute de l’autre côté de la route et un sentier qui nous amène à un pont suspendu. Wow! De toute beauté ! Ça valait le détour! Règle importante : toujours s’arrêter dans les haltes routières de la Côte-Nord! Il y a toujours quelque chose de beau à voir!

Les km s’accumulent et les paysages défilent tranquillement. Je suis mouillée et je suis fatigué d’être mouillée. Je ne suis pas encore assez fatiguée par contre pour ne pas apprécier la beauté des paysages.

J’ai hâte d’arriver à mon camping. Il est situé juste à côté du traversier de Forestville. Grosse côte à descendre pour se rendre. Je pense déjà que je devrai la remonter demain.

Après avoir monté ma tente et pris ma douche, j’ai un peu de temps pour aller sur la plage avant le souper. Je ne me baigne pas, mais je ramasse des petits pois du bord de mer. J’ai oublié leur vrai nom. Ça me fait un petit apéro!

C’est l’heure du souper. J’en profite pour vous raconter mes journées précédentes. Je m’amuse à prendre des photos de mon site. Ça ferait des bonnes pubs d’articles de plein air, non? 😉

Je me sens toujours fatiguée après avoir mangé. J’avais prévu une grosse journée demain. J’pense que je vais changer mes plans. À suivre…

Jour de repos – Jour 7

Je fais la grasse matinée ce matin. Je me réveille à 8h15. Je reçois un texto de Benoit me demandant une information pour la shop. C’est lundi, l’ébénisterie ouvre ses portes après 3 semaines. C’est bizarre, je ne suis pas là cette année. Je vérifie mes messages au travail. Je vais à l’essentiel. Je ne peux pas être ici et là-bas en même temps. Mon corps est encore fatigué ce matin. Il ne pleut pas, mais c’est encore humide. Mes mouvements sont lents, je prends mon temps. Je termine d’écrire le jour 5 sur le blogue en déjeunant.

Temps de plier bagages, je suis prête à partir, il est 11h45 !! Je roule à peine 1,5 km et il y a une halte routière. Vous connaissez ma règle? J’arrête. Magnifique! Je passe un bon moment à regarder les trois pécheurs et la chute couler.

Je rejoins ma monture, il est 12h30. À ce rythme, je n’irai pas loin aujourd’hui ! En fait, j’ai trouvé, grâce à l’application iOverlander, un site qui semble superbe et où il est possible de monter sa tente gratuitement. Il y a des toilettes chimiques sur place, des poubelles et des tables à pique-nique. C’est à moins de 30 km. C’est mon 1er objectif. Après, je verrai si je vais plus loin. Il commence à pleuvoir. Quel changement ! Les paysages sont majestueux! J’ose imaginer ce que ça doit avoir l’air sous le soleil.

Je chante : « Amenez-moi au bout de la terre (…) il me semble que la misère serait moins pénible au soleil. » Ça me fait sourire et ça me donne surtout un « beat » en pédalant. J’alterne également avec la fredonnette que Rebecca m’a partagé : « Chu mouillée, chu mouillée, chu mouillée, chu mouillée (…) faque j’continue à pédaler.  » 😉

Avec tout ça, je fini par arriver à la halte dont je vous ai parlé, la halte de l’Anse-à-Norbert à Colombier. C’est magnifique ! Il est 14h. C’est assurément ici que je vais dîner et quelques minutes plus tard je décide que ce sera pour le coucher aussi. Il y a un pallier plus bas et deux sites avec tables de pique-nique pour installer ma tente. C’est parfait!

Peu de temps après, Carole et son petit-fils Théodore viennent me saluer. Ils sont sur leur retour d’un « road trip » sur la Côte-Nord. Ils sont allés jusqu’à Kégaska. Ils sont arrêtés pour dîner également. Carole m’offre de me faire un sandwich et de partager le repas avec eux. Génial ! Nous avons même des crudités et de l’humus. C’est bon!

Ils m’ont raconté leur voyage et Théodore m’a montré tous les autocollants qu’il a récolté pour chaque village visité. Il y en a 43 au total à collectionner et il les a presque tous! Les autocollants sont tous uniques et magnifiques. Ils sont offerts gratuitement par l’office du tourisme. Quelle belle idée pour inciter plus de gens à quitter la 138 et à se rendre dans les villages.

Carole et Théodore repartent tranquillement. Le soleil sort! J’étends ma serviette et mon linge pour essayer de les faire sécher un peu tout en admirant la vue au soleil… ou du moins, avec un peu de ciel bleu!

C’est au tour de Richard et Jean-Claude de se pointer avec leur motorisé. Ils décident de rester pour la nuit. Jean-Claude a été pendant 42 ans technicien de la faune pour le ministère du Québec. Cool! Il a pleins d’histoires de terrain à raconter et ça me permet de partager les miennes. De plus, il connaît assez bien la Côte-Nord pour l’avoir parcouru une dizaine de fois. C’est grâce à eux que la batterie de mon cellulaire est rechargée et c’est grâce à Jean-Claude que je peux maintenant vous dire le vrai nom des petits pois de bord de mer : la gesse maritime.

Arrive également un cyclotouriste qui monte sa tente sur l’autre site disponible. Il vient de faire 90 km. C’est sa 1ère journée d’un « trip » d’environ une semaine. Il prévoit aussi faire les deux rives du fleuve : Escoumins – Godbout et Matane – Rivière-du-Loup. Il prendra ensuite le traversier pour récupérer sa voiture aux Escoumins. C’est une belle version aussi!

Avant le souper, je vais marcher sur la plage et les rochers de l’Anse. C’est incroyable ! C’est beau! Je me sens au paradis! Je me sens en totale symbiose avec la nature. C’est magique !

J’ai mangé des bleuets, quelques framboises et plusieurs gousses de la gesse maritime. J’ai même trouvé du poivre des Dunes pour la 1ère fois!

Je suis rempli de gratitude pour cette nature généreuse et les belles rencontres d’aujourd’hui. Je crois avoir réussi à faire le plein d’énergie pour ma journée de demain. 🙂

Ça roule – Jour 8

J’ai bien dormi et il fait beau à mon réveil. Le site est toujours aussi beau. Mon voisin m’offre un café que je refuse bien gentiment. J’ai arrêté le café pour l’occasion. Moins de matériel à traîner et plus de temps le matin. Quoique j’aurai pu me laisser tenter, mais mon sevrage est encore récent.

C’est un peu la même routine que d’habitude sauf que ce sera un peu plus compliqué pour l’eau ce matin. D’ailleurs, le voisin s’informe sur ce que je compte faire à ce sujet. J’ai avec moi une gourde qui sert également de filtreur (merci Benoit). J’ai repéré une petite chute d’eau hier. Je l’invite à m’accompagner pour remplir nos gourdes. La source d’eau me rappelle celle à laquelle nous avions bu directement lors d’un canyonning avec Griffon Aventure . L’eau est légèrement colorée, mais elle est bonne! Voilà ! Toutes nos bouteilles sont remplies. On a tout le nécessaire pour la journée.

Je me mets à rouler, ça va bien, mon énergie est de retour. Il fait beau, il n’y a presque pas de vent et il y a peu de côtes. Ça aide! Les km s’accumulent rapidement. Je décide de me rendre au quai de Ragueneau pour dîner.

L’endroit est beaucoup plus gros et reconnu que je le croyais. C’est vraiment beau, mais c’est moins « sauvage » que l’endroit d’où j’arrive. Je mange ma soupe de légumineuses avec mes légumes secs que j’ai fait cuire le matin.

J’hésite encore pour ma destination. J’essaie d’attraper le traversier de 17h30 ou je couche un autre soir de ce côté-ci et je prend le bateau du lendemain à 11h? J’ai une amie qui habite à Franquelin, mais je ne réussi pas à la rejoindre. On avait prévu essayer de se voir le 15 août, mais je lui avais écrit le matin avant de quitter Forestville en croyant que ça serait plutôt le 16 août. Avec l’heure du départ du traversier, reste seulement ce soir de possible.

Finalement, je décide d’étirer un peu la Côte-Nord. Je couche au Camping de la mer à Pointe-Lebel, à 12 km plus loin de ma route. J’aurais 32 km à faire le lendemain avant d’attraper le traversier. Je prévois me réveiller plus tôt demain matin pour être certaine d’être à l’heure.

J’arrive au soleil! Je sors mon linge, ma tente, etc. et je fais sécher le tout. Ce fut de courte durée. Le brouillard est arrivé et l’air était humide à nouveau. Il y a un restaurant sur le site. C’est mon plan pour le souper. Mais avant, une bonne douche chaude!! Yé! 🙂

Transition et ravitaillement – Jour 9

Mon cadran sonne à 6h, tout est encore humide, il tombe une fine pluie. Je déjeune à l’intérieur de ma tente ce matin. Je suis prête à partir, il est 8h30. Je n’ai aucune vu sur le fleuve, je roule, j’ai un traversier à prendre encore une fois.

Ce n’est pas agréable traverser Baie-Comeau, malgré la piste cyclable qui débute après un moment. La circulation est dense, c’est bruyant, c’est stressant et je me fais arroser royalement. Par chance, il y a une section de la piste cyclable entourée de végétation plus éloignée de la route principale. Ça permet de faire retomber la pression. J’arrive au traversier, il est un peu passé 10h30.

Le bateau est beaucoup plus gros que les autres que j’ai déjà utilisé. Il y a 6 ponts et peut accueillir jusqu’à 195 voitures. Le 6ième pont est aménagé pour permettre aux utilisateurs de traverser confortablement. J’en profite pour dîner. Je prendre la soupe du jour et un Poke Bol. Je me régale! C’est très bon. Il y a une gang de camionneurs qui jasent à ma table voisine. Les rires et les histoires s’enchaînent les unes après les autres. Ils me font sourire plus d’une fois, surtout par leur façon de raconter avec leur accent. J’aime les différents accents du Québec.

Je débarque à Matane. Nous avons traversé le fleuve sous le soleil, mais voilà qu’un gros nuage noir se dessine à l’horizon. C’est la ville et j’ai du temps. J’en profite pour aller à l’épicerie. C’est à ce moment que le nuage noir décide de déverser toute son eau. Il pleut fort. Je dois me mettre à l’abri.

Après la gros de la pluie passée, je rejoint une épicerie pour acheter des légumes et des fruits frais, des noix et du pain. Bien sûr, mon espace est limité, donc c’est le défi de trouver le juste équilibre dans mes choix. Il y a aussi un Sport Expert. J’arrête acheter 2 repas lyophilisés et une nouvelle bracière que je garderai sèche pour les soirs.

La pluie est complètement terminée. Je suis en Gaspésie! C’est un peu comme revenir à la maison. 😉

J’arrive à l’auberge de jeunesse de Ste-Félicité, le Manoir des Sapins. J’ai découvert cet endroit l’an dernier et j’ai adoré. Je voulais y m’arrêter à nouveau cette année. Il ne reste plus de chambre, mais je peux monter ma tente dans leur cour et tout de même avoir accès aux facilités de l’auberge. C’est parfait! Il fait soleil, un vrai soleil chaud comme ça fait longtemps que je n’ai pas eu. J’étends mon matériel; ma tente est détrempée! Je profite des hamacs en regardant le fleuve. C’est le pur bonheur !

Marie-Noëlle, une amie de Shawi qui habite maintenant à Matane, vient me rejoindre pour souper. Je l’attends en regardant tranquillement le soleil se coucher et en ramassant mon matériel qui est… sec!!!

Marie-Noëlle est arrivé avec de la morue et des patates douces déjà cuites. Je suis vraiment gâtée! On a passé une belle soirée à jaser de nos vies. On n’a pas vu le temps passer. On a manqué le feu de joie communautaire qui était à l’extérieur. Ça l’air que c’était presqu’une soirée d’été. Le vent venait du sud.

Mon 1er Warmshower – Jour 10

Je suis à St-Anne-des-Monts. Je dors ce soir dans un lit d’une grande maison de 1875. Clément m’offre le gîte. Je l’ai contacté grâce au réseau de Warmshower. J’ai pris ma douche et j’en ai profité également pour faire un lavage. Youpi! Nous avons souper ensemble. Il m’a raconté ses voyages de vélo en Europe et son histoire personnelle. Il a parti sa propre boutique de vélo à St-Anne-des-Monts, Biseak, qu’il a ouvert pendant la pandémie. C’est un jeune dynamique et débrouillard. Il fait aussi du vélo de montagne et aime le festival western de St-Tite. Je l’ai invité à me contacter s’il va rouler au Mont SM.

Ça fait seulement trois semaines qu’il est propriétaire de la maison avec 3 autres de ses amis. La maison fait parti d’un autre projet. Je lui souhaite tout le succès qu’il mérite et de partir en vélo en Amérique centrale ou du sud en novembre comme il le désire. Et de voir tous les match de soccer possible. 😉

C’était l’fun de rouler dans de bonnes conditions aujourd’hui. C’est doux la Gaspésie. C’est une section que j’avais fait l’an dernier. Plusieurs souvenirs me sont revenus à l’esprit. Je réalise que je suis en meilleure forme maintenant que l’an dernier. C’est encourageant pour les côtes Madeleine à venir dont j’ai beaucoup entendu parler.

Le monde est gentils. J’ai reçu plusieurs salutations et sourires durant ma journée. C’est toujours agréable et ça encourage. J’ai croisé un autre cyclo aujourd’hui à une halte routière. Il est parti d’Ottawa, il se rend à Gaspé et ensuite à Halifax. Tout ça en 21 jours si j’ai bien compris. C’est la beauté de la chose. On peut tous aller au rythme qui nous convient en cyclotourisme.

Sur ce, je vous dit déjà à demain. Je vais passer par le Mont St-Pierre et il annonce beau. Ça se pourrais-tu que…

La Haute-Gaspésie – Jour 11

Je quitte la maison de Clément. Il est déjà parti depuis un bon moment. Il avait un rendez-vous médical à 8h à Maria! C’est aussi ça parfois vivre en région éloignée.

Ça roule bien, il y a un bel accotement et il fait beau. Tranquillement, je sens que je rentre dans la Haute-Gaspésie. Le fleuve est large et les montagnes se dressent à l’horizon. Je croise des marcheurs qui sont assurément en train de faire le SIA. Je pense à Benoit, Christian et Noémie que j’ai rejoint à leur arrivée l’an dernier.

Je croise le phare de Ste-Marthe. Je pense à Annie qui adore les phares. J’arrête prendre une photo. En vélo, on réussi aussi à voir de plus petites choses.

Les monts sont là. Je roule près de leurs falaises. Le fleuve est omniprésent à ma hauteur et les vallées avec leurs baies s’enchaînent. C’est magistral! C’est une section que j’ai parcouru fréquemment en voiture lorsque j’habitais à Forillon. Souvent, je me suis imaginé rouler ici en vélo. Voilà, j’y suis! 🙂

J’arrive à Mont St-Pierre. La veille j’ai envoyé un courriel à Vue du ciel, une compagnie qui nous permet de sauter en tandem en parapente ou deltaplane à partir du sommet du Mont St-Pierre. Pour l’instant, ils m’ont dit qu’ils avaient de la place, mais que les conditions sont incertaines. J’ai juste à rentrer dans leur boutique à mon arrivée pour vérifier avec eux. Je repère la maison jaune… déception. Je trouve un écriteau m’indiquant que ce ne sera pas encore pour aujourd’hui.

Je prend le temps d’aller acheter de la nourriture au petit marché et je prend place sur la plage pour dîner. Il est beau le Mont St-Pierre et il va continuer à me faire rêver d’y sauter un jour.

Plus que quelques km pour Mont Louis, ma destination finale de la journée. Cette pancarte me fait réaliser que mine de rien, j’arrive bientôt à Gaspé. C’est un peu fou quand j’y pense.

J’arrive au camping Parc et Mer. C’est un camping Bienvenue cyclistes et qui accueille de la même façon les marcheurs du SIA. Pour 25$, on m’offre de coucher dans un dortoir. Le vent se lève de plus en plus et il annonce un peu de pluie cette nuit. J’accepte volontier. C’est juste wow! Bien au-dessus de mes attentes! C’est super propre et bien organisé. Il y a une cuisine et une salle communautaire au sous sol. Chapeau!

Je prend mon temps sur la plage avant le souper. Les vagues se gonflent tranquillement. Le ciel s’ennuage. En espérant que le gros passe cette nuit et que ce soit encore une belle journée demain.

Les côtes Madeleine – Jour 12

Ça continu aujourd’hui! Je roule encore à côté des falaises tout près du fleuve. Il y a des grands bouts où je roule entre 25 et 27 km/h. C’est grisant! Le jeu du jour : déjouer les nuages de pluie. Ça me demande parfois d’attendre sur place pour que la pluie que je vois au loin se déplace vers l’ouest et me laisse le champ libre.

J’arrête au phare du Cap-de-la-Madeleine. Il y a des tables pour manger à l’intérieur. C’est très apprécié compte tenu du vent et de la pluie. J’ai une vue imprenable sur le début des côtes Madeleine. On m’a tellement parlé de ces côtes. Comment vais-je m’y débrouiller?

Je déploie beaucoup d’effort. J’arrête pour me reposer à deux reprises. C’est long, c’est ardu, c’est tout un défi! Lorsque je réalise que je vais bientôt terminer, je me mets à imaginer qu’une voiture s’arrêtera pour prendre le temps de fêter ma victoire avec moi. 😉 Je me dis que c’est clair que je vais le faire à l’avenir si je croise en voiture un cyclo dans le coin!

Je commence à descendre de l’autre côté. Ça descend sur un méchant temps! Peu de temps après, une voiture s’arrête. Un homme débarque et me fait de grands signes. Une femme débarque à son tour. Je me rapproche, j’arrête. C’est Christian et Caroline!!! Ils s’en vont passer la fin de semaine à Forillon. Ils m’ont fait vivre un grand coup d’émotions! J’étais vraiment contente de voir des gens que je connais à cette étape de mon parcours.

Je sors des terres, j’aperçois le fleuve et bientôt c’est le village de Grande-Vallée que j’aperçoit plus bas. Plus que quelques km et j’arrive à mon camping à Petite Vallée. Nous sommes à flan de falaises. C’est le nord de la Gaspésie.

Après la routine habituelle, je décide de me rendre au Théâtre de la vieille forge pour voir une pièce de théâtre. J’arrête à la marina. Le tout est très bien aménagé avec une touche artistique.

C’est déjà le temps de se planifier pour demain. Je viens d’aller voir le dénivelé. Je capote un peu. C’est pire que celui d’aujourd’hui!!! Je croyais que le pire était derrière moi. Et non, ça l’air que c’est demain que ça se passe! Je vais avoir besoin de vos encouragements. Demain, tout le monde pédale avec moi! 😉

Un peu plus loin – Jour 13

Fausse alerte! La méga côte que je m’attendais la veille à faire aujourd’hui en partant n’a pas eu lieu. Ouf! Je ne crois pas que je serais passé au travers. Comprenez moi bien. J’ai tout donné pour les côtes Madeleine! Je m’étais préparé mentalement, j’avais dormi à l’intérieur les 2 jours précédents, j’avais fais une séance de yoga le matin, j’avais évité de faire cette section sous la pluie, j’avais pris le temps de bien dîner avant d’attaquer les côtes… et ça avait marché! J’avais réussi. Je me disais que je n’étais pas sûre de le refaire un jour.

Mais voilà qu’en regardant le parcours du lendemain, je découvre une côte pire que la veille!!! Non seulement je n’étais pas certaine de vouloir le refaire un jour, mais assurément pas tout de suite le lendemain!!! J’en revenais pas d’avoir omis cette côte dans ma planification.

Je pars donc le matin sans trop de conviction. Dès la première petite montée, je sens bien que je n’ai pas les jambes d’hier. Il s’ensuit une descente, une autre montée pas trop longue, une descente. Le parcours ne ressemble pas du tout à ce que j’avais vu la veille. J’arrête prendre une pause et je vérifie sur Google. J’ai déjà 10 km de fait et je comprend alors ma méprise.

Google me faisait prendre une autre route que la 132. Ça fait un bout que je roule où il n’y a qu’une seule route que je n’ai pas porté attention. Voici le « croche » que Google me suggérait de faire et voici plutôt le dénivelé qu’il me reste à faire avant d’arriver à l’Anse-à-Valleau où il y a le prochain camping. Ça, je gère. Super! Profites de ta journée Marie-Eve. Ça va bien aller! 😉

J’arrête dîner à St-Yvon, juste avant le plat de résistance de la journée, la vraie côte du jour.

J’ai eu chaud dans les côtes, mais c’était ok. Après la descente, j’arrive à une halte routière. Je décide d’arrêter pour me dégourdir les mains. Il y a une fille avec son sac de randonnée. C’est clair qu’elle est en train de faire le S.I.A.

Je jase avec elle et j’apprends qu’elle a commencé le sentier il y a 22 jours et qu’elle prévoit terminer dans 3 jours! Elle marche environ 30 km par jour. C’est une machine! Ça fait 4 ou 5 jours qu’elle est vraiment en solo. Elle semble apprécier notre jase. Elle a déjà fait du cyclotourisme également et se promet de répéter l’expérience. Elle resplendit de santé. Bravo Isabelle pour ton parcours! Tu as de quoi être fière! Il y a beaucoup de gens inspirants sur ma route!

J’arrive à l’Anse-à-Valleau et il est encore tôt en après-midi. Et si je me rendais à Rivière-au-Renard ? Il reste 24 km avant le prochain camping. J’aurais l’impression d’être déjà rendu près de mon ancien chez-moi. L’idée me séduit et je poursuis ma route. Je lance des invitations pour la soirée et c’est mes amis que j’ai croisé dans les côtes Madeleine qui répondent présents. Ils sont campés un peu plus loin dans le parc Forillon.

Nous irons souper ensemble au Frontibus, une microbrasserie que j’adore. Ce soir, c’est la fête! Je bois de la bonne bière et je mange des frites! Entourée d’amis en plus! Merci la vie! 🙂

Forillon, endroit chéri – Jour 14

Je pars de mon camping de Rivière-au-Renard et je rejoins la 132 direction L’Anse-au-Griffon. Je suis en terrain connu. Peu de chose on changé depuis plusieurs années. Plusieurs bons souvenirs me remontent à l’esprit. J’ai toujours apprécié d’une façon particulière le côté nord de la péninsule.

J’ai un rendez-vous un peu spécial aujourd’hui. Je sais où je veux laisser la roche/coccinelle que Rebecca m’a légué lors de notre rencontre avant Tadoussac. Mon ami a acheté un terrain à L’Anse-au-Griffon et y a planté un chêne avec une partie des cendres de son père à ses pieds. C’est à cet endroit que mon coeur me dit de déposer la roche qui aura voyagé avec moi un certain temps. J’ai pris le temps sur ce terrain. J’ai dîné avec le père de mon ami.

Je repars calme et sereine. Je continu de pédaler et ça y est! La pointe de Forillon m’apparaît! Voici une vue dont je ne me lassera jamais. Le phare de Cap-des-Rosiers se dresse à son tour. Me voilà au parc Forillon, un endroit qui restera à tout jamais cher dans mon coeur. C’est quand même cool d’arriver ici en vélo. 🙂

Je m’installe au camping des Rosiers. J’adore ce camping. Mon amie Angelle vient me rejoindre et on a prévu monter la tour du Mont St-Alban. Je suis vraiment contente! La vue est encore une fois magnifique ! Je suis vraiment heureuse d’être avec elle et sa chienne adorée.

Un souper partagé, des aurevoirs et une bonne nuit de sommeil m’attend après tous ces moments de douceur. Avez-vous remarqué comment il a fait beau aujourd’hui ?

Gaspé, j’arrive ! – Jour 15

Une envie de pipi me réveille à l’aurore. Mon envie peut bien attendre encore quelques instants, je dois d’abord me rendre sur la plage. Le soleil se lève! C’est complètement magique!

Après avoir redormi un peu, déjeuné et replié bagages, je traverse les côtes entre le secteur nord et le secteur sud du parc. Me voilà à Cap-aux-Os, l’endroit où j’habitais lorsque je travaillais au parc. Je profite de ma discrétion en vélo pour jeter un coup d’œil à mon ancienne maison du parc. Beaucoup de choses ont changé depuis.

J’ai le vent de face, mais solide! J’avance à 8 km/h, 9 km/h, parfois j’atteint le 11 km/h. C’est un long bout droit qui longe la baie. Ça ne fini plus. J’ai l’impression de faire une longue procession pour expier tous mes péchés. 😉 Sans farce, je me rend compte durant ce moment qu’il reste encore des traces d’un deuil qui n’est pas encore tout à fait complété. Je profites donc de cette longue procession pour guérir ce qui reste à guérir.

J’arrive enfin à Penouille et au pont de la rivière Dartmouth, une des 3 rivières à saumon qui se jettent dans la baie de Gaspé. Quand je commence à pédaler de l’autre côté de la baie, mettons que ça va pas mal plus vite! Là c’est vrai, Gaspé, j’arrive!

Je couche chez Candide et Firmin ce soir. Candide était l’adjointe administrative du service de la conservation à l’époque où j’y travaillais. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir en sa présence. Ça va être le fun de se revoir!

J’ai eu droit à un souper cuisiné et du vin en bonne compagnie. J’ai fait mon épicerie et mon lavage. Je dors dans un lit ce soir. Mon « reset » est fait pour la prochaine partie de mon voyage.

J’ai fini de m’éloigner, je me rapproche – Jour 16

Je dis mes saluts à Candide et Firmin et je m’en vais vers Percé. La route promet d’être belle!

Ça roule bien. L’accotement est large et l’asphalte est belle. J’arrête à la halte routière après Douglastown. C’est beau déjà!

J’arrête dîner derrière l’église à Saint-Georges-de-Malbaie. Je laisse passer les nuages noirs devant. Je peux voir la pointe de Forillon. C’est cool!

Je repars reposée et rassasiée. Le soleil sort, j’aperçois Percé et l’île Bonaventure. J’adore les observer à partir de ce point de vue.

Les anses s’enfilent. Ça ne fini pu d’être beau!

Sérieusement, c’est beau partout! Je suis tout le temps arrêté. 😉 En plus, avec le soleil, je capote!

J’aperçois le début de la longue bande de terre étroite du barachois. Totalement de l’autre côté, c’est ma destination qui s’y trouve : le Camp de base à Coin-du-Banc. Le nom de l’endroit m’a inspiré. 😉

La route me suggère de quitter la 132 et de rouler sur la bande étroite. Je ne suis pas convaincue que la route soit belle, mais j’ai le goût de la faire tout de même. C’est magnifique, mais je dois pousser mon vélo et mon chariot dans le gros sable et gravier. Mes roues s’enfoncent. Une chance que je n’ai pas trop long à faire comme ça! Mes yeux sont toutefois comblés.

Arrivée à destination, je profite du site jusqu’aux dernières lueurs. Je suis chanceuse quand même ! 🙂

Une belle journée – Jour 17

Je prend mon temps le matin sur la plage. Je déjeune tranquillement, je lis un peu, j’observe les vagues, les oiseaux marins, l’horizon. Deux garçons arrivent avec leur canne à pêche. Ils viennent pour le bar rayé. Après le premier lancé, un des garçons avec qui j’avais justement jasé la veille de pêche, lâche une exclamation de joie. Ça mord! Sa canne est bien pliée, il ramène sa prise, la travaille, il fait très bien ça. Je m’approche pour l’aider à sortir le poisson lorsqu’il arrive sur le bord. Le garçon a un grand sourire à ses lèvres… et moi aussi! 🙂

Je pars avec les côtes de Canne-de-Roches et de Percé ce matin. Il fait beau, il fait chaud. Je ne me plains pas. Je grimpe jusqu’au Pic de l’Aurore et je descends sur les « break » vers Percé. Une autre étape importante franchie.

Ce midi, je me paye la traite. Je dîne à La Maison du Pécheur, un très bon restaurant de Percé. La vue est belle!

Après mon dîner où je n’ai laissé aucune goutte, je me dirige sur la plage. J’en ai même profité pour faire une petite sieste sur les galets chauds.

C’est le temps de repartir, les plus grosses côtes sont passées. Il me reste seulement à continuer à profiter du paysage et de la belle journée.

Je vois le logo de La Société secrète sur le bord de la route. Je ne peux pas m’empêcher d’arrêter. Est-ce que j’ai succombé vous croyez? Hé non, malheureusement. C’est la première fois que je suis un peu déçue d’être en vélo.

J’entre dans le « traffic » de Grande-Riviére. Un gars en vélo vient rouler à côté de moi pour s’informer un peu de mon périple. Les voitures roulent à côté de nous, il y a du bruit. Il fini par me dire : « On est au bateau bleu à Chandler, juste à côté de Pabos. Il y a un repas chaud qui t’attend, retiens l’information. » Et il prend de la vitesse et me largue. Je reste perplexe.

Je croise un de mes oncles sur la route. Il habite à Maria et a profité de la belle journée pour aller faire un p’tit tour en moto à Percé. C’est la preuve que je me rapproche de ma famille qui m’attendent à Carleton. 🙂

Je m’informe auprès de mon oncle pour savoir s’il y a un endroit qu’on nomme le bateau bleu à Chandler. Pas à sa connaissance. Puisqu’il y a une marina à Chandler, j’en déduis donc que le gars parlait d’un vrai bateau. J’ai prévu me rendre au camping de Nova Lumina ce soir. C’est juste un peu plus loin que la marina de Chandler. Puisque je suis curieuse et que le gars avait une tête sympathique, je décide de m’arrêter à la marina.

Premièrement, je suis agréablement surprise de l’endroit. Je n’étais jamais passé par là et la plage est magnifique. Il y a peu de bateaux amarrés. Il y en a un bleu pâle et un autre bleu foncé.

Je n’ai pas fini d’admirer l’endroit que v’la que j’entends : « Ah ben! T’es venu finalement! » Olivier et sa blonde Marika m’accueillent avec grandes accolades comme si nous étions des amis qui ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Marika m’annonce qu’elle a préparé un pique-nique pour la plage. Il y a 3 fourchettes et 3 bières! Je prend la bouffe que j’ai à portée de mains et je me joins à eux avec plaisir.

Quelle belle rencontre ! Un jeune couple merveilleux ! Ça fait à peine 4-5 jours qu’ils sont à Chandler. Ils reviennent d’un voyage d’une année en voile. Ils sont allés jusqu’à la Barbade! Ils ont présentement des projets d’études : lui en architecture maritime et elle en biologie marine. Vous pouvez imaginer qu’on n’a pas juste parlé du soleil et du beau temps!

Après le pique-nique et la jase, ils m’ont invité à visiter leur bateau : un beau voilier de 35 pieds. Ils sont super bien équipé pour être confortable et ne rien manquer. Ils m’ont permis de prendre une photo d’eux sur leur bateau. Regardez comme ils sont beaux! 🙂 Le bonheur rend les gens magnifiques!

Je quitte la marina et parcours les quelques km jusqu’à mon camping. Le soleil se couche sur un très beau lac que je ne connaissais pas plus.

Un pont vraiment bien aménagé me permet de me rendre facilement à mon camping. Je m’installe à la brunante. J’ai le temps de prendre ma douche avant d’aller visiter Nova Lumina.

Le plaisir s’effrite – Jour 18

J’ai mal dormi la nuit dernière dû à des voisins de camping un peu moins fins. Je pars ma journée avec moins d’enthousiasme que d’habitude.

C’est nuageux, il n’y a pas grand chose à voir, l’asphalte est raboteuse. Ça me prend tout mon p’tit change pour me rendre à Port-Daniel pour dîner.

Je suis fatiguée. J’ai seulement fait 30 km. Il m’en reste 50 à faire pour me rendre à Bonaventure. Je veux m’y rendre malgré tout car mon père et mon oncle de la moto d’hier ont prévu me rejoindre à Bonaventure demain matin pour venir rouler avec moi jusqu’à Carleton! Je ne veux pas manquer ça! 🙂

Je passe près d’une belle rivière à Saint-Godefroi. Le ciel noircit. Il y a de l’orage dans l’air. Le vent s’intensifie. Je l’ai en pleine face. Rien pour m’aider.

Il ne pleut pas vraiment, mais il vente en titi! J’arrive à Pasbébiac. La route est décorée de vélo dans le genre. Ça me ramène le sourire.

J’arrive enfin à Bonaventure. J’aperçois mon camping près du phare.

Je m’installe et m’organise à la vitesse grand « V ». Il va bientôt pleuvoir. Youpi! J’ai réussi avant la pluie. J’ai même le temps de faire un petit tour d’horizon avant que la pluie commence.

Je dîne à l’abri ce soir. Je me couche tôt. Je commence à penser que mon corps est sûrement dû pour un autre repos. J’ai eu peu de plaisir à rouler aujourd’hui. Ce n’est pas normal.

Formule 1 – Jour 19

C’est un jour spécial aujourd’hui : mon père et mon oncle José viennent me rejoindre pour rouler avec moi! Ma mère vient les porter avec leur vélo à mon camping de Bonaventure. On prévoit se rendre à Carleton, où mes parents ont une roulotte pour l’été. Malgré la pluie, tout le monde est là.

Mon père m’a suggéré de mettre mon chariot dans la boite de pick-up. Après quelques hésitations, j’ai accepté l’offre vu ma fatigue d’hier. Mon père est plutôt content, puisque c’est un bon cycliste. Il aurait eut froid à rouler lentement pour me suivre. José a un vélo électrique, donc pour lui aussi c’est mieux ainsi.

Après une petite collation à l’abri, on part! Ayoye! C’est fou comment ça me fait bizarre de rouler léger. L’équilibre est différent et quand j’appuie sur mes pédales, ça répond pas mal plus vite. Je suis vraiment contente de rouler en gang. C’est l’fun!

Ma mère nous suit tout le long. Elle passe devant nous et s’arrête quelques km plus loin pour qu’on prenne une pause. À notre premier arrêt, elle me fourni une collation. C’est le grand luxe! On est mouillé, mais heureux.

On arrête manger dans une cantine près de la Pointe Taylor. On a eu le temps d’avoir froid avec notre arrêt prolongé. Vite! C’est le temps de repartir pour se refaire de la chaleur.

On dirait que ça se dégage un peu. Il y a de la brume. L’ambiance est spéciale. C’est beau.

On arrête à Maria chez José et Rachelle. Pour José, ça se termine ici. Mon oncle Martin et Yvette sont aussi là. Ils nous ont vu rouler juste quelques km plus tôt.

Il nous reste un petit bout à faire mon père et moi. Quelques gouttes de pluie encore à notre départ, mais ensuite ça se dégage pour vrai. On commence à sécher un peu. C’est cool!

On roule en se coupant le vent à tour de rôle. Ça roule vite! Je me sens comme dans une formule 1! 🙂

On arrive rapidement à Carleton. On passe par la pointe. J’aime tellement cet endroit! On se rend jusqu’au phare pour une photo.

On revient tranquillement par la promenade. Ma mère nous appelle, elle nous attend pour souper! 🙂

Jour de repos complet – Jour 20

J’ai décidé de rester un jour de plus à Carleton avec mes parents. J’ai eu beaucoup moins de plaisir à rouler lors de ma journée vers Bonaventure. Je ne veux pas terminer mon « road trip » de cette façon. J’essaye ça. On verra bien ce que ça va donner. Au moins, j’aurai mis les chances de mon bord.

Puisque j’avais pris ma décision la veille, ça m’a permis de profiter pleinement de la soirée. On a joué aux cartes avec ma tante Jojo qui était venu souper avec nous.

Je profite de cette journée pour faire mon lavage, faire sécher ma tente et faire l’épicerie. Ma mère m’accompagne. Ça va bien avec une voiture. Mon père s’est proposé pour nettoyer mon vélo. Tsé quand ça va bien! 😉

Pendant que notre linge se lave à la buanderie, on en profite pour aller saluer ma tante Denise. Je reçois un accueil des plus chaleureux. Elle est vraiment contente de me voir… et moi aussi. 🙂 Elle me suit sur le blogue et comprend plutôt bien ce que je suis en train de vivre, ayant elle-même fait, étant plus jeune, de longues sorties en skis hors pistes dans les montagnes derrière. Je ne connaissais pas ce côté de sa personnalité et je trouve ça l’fun de l’apprendre.

On est invité pour souper chez Martin et Yvette. Yvette aussi me suit sur mon blogue et est très enthousiasme envers mon projet. On a très bien mangé et on a fini ça aux cartes aussi. J’ai appris que mon oncle Martin a déjà fait le tour de la Gaspésie en jogging en équipe 24h/24. Rien de moins! Eh ben! Amenez-en des projets pour les Caissy! 😉

Je repars demain pour une nouvelle étape. Mes parents aussi se préparent à partir. Ils retournent à Shawinigan dans 2 jours. Le pickleball, le bridge, la danse, etc. les attendent. Les activités reprennent et ils veulent être là. 🙂

Retour sur 2 roues – Jour 21

Je quitte le camping de mes parents après avoir traficotté une nouvelle attache pour mon chariot. J’ai hâte de voir si mon énergie et surtout mon plaisir seront au rendez-vous.

Il fait beau. Peu de temps après mon départ, j’aperçois une rue nommée Caissy. Après l’Acadie, mes ancêtres ont pris racines dans la Baie-des-Chaleurs. La rue est là aujourd’hui pour me le rappeler.

Après le barachois de St-Omer, je prends le temps d’apprécier ce qui m’entoure. Cette section a malencontreusement plutôt été associée pour moi à : « Je le sais qu’on est bientôt arrivé chez grand-papa et grand-maman, mais quand est-ce qu’on arrive?! »

Cette belle murale me rappelle les histoires de mon père, de mes oncles, de mes tantes. Cette connexion à la terre qui nous a nourri, logé, chauffé, amusé n’est pas si lointaine.

Je croise de belles rivières que je n’avais jamais remarquées. Sur la troisième photo, aviez-vous vu le nid d’un balbuzard?

Je me cherche un endroit pour dîner. J’aperçois un grand lac au loin à travers les branches. Ce n’est pas un lac, c’est encore la Baie-des-Chaleurs! Je suis entre Escumiac et Pointe-à-la-Garde. Le Nouveau-Brunswick est juste de l’autre côté.

Après d’autres paysages et une visite d’un centre d’interprétation sur la déportation des acadiens, j’arrive dans la Vallée-de-la-Matapédia. C’est beau la Vallée !

Le camping que j’ai choisi se trouve de l’autre côté de la rivière à Matapédia. Les propriétaires sont en train de ranger le matériel nautique. Plusieurs clients sont sortis sur la rivière aujourd’hui.

La lune est belle ce soir. Ça me fait penser… j’ai bel et bien retrouvé le plaisir de rouler aujourd’hui ! 🙂

La vallée et Amqui – Jour 22

Je suis dans la vallée et je longe la rivière Matapédia. La route épouse presque parfaitement ses courbes et ses détours. C’est beau, c’est agréable.

Je réussi à me dénicher un bel endroit pour dîner près de la rivière. Des pécheurs au saumon sont tout près de moi dans leur embarcation. Après un certain moment, ils sont revenus au bord. Aucun saumon n’a mordu aujourd’hui après plus de 4h30 de pêche. Les saumons étaient pourtant visibles dans la fosse tout près.

L’embarcation est du même type que celle qu’il y avait au camping que j’ai quitté plus tôt ce matin. Voici à quoi ressemble ces grands canots à moteur.

Quand je regardais les pêcheurs, ils avaient seulement une canne à pêche à la mouche et se l’échangeait à tour de rôle. Je ne sais pas si tout le monde fait comme ça ? Si oui, pour quelle raison?

Je reprends la route et j’arrive à Causapscal, la plus grosse municipalité depuis mon départ de ce matin. La route verte m’invite à traverser la rivière. Je me laisse tenter.

La route m’éloigne de la rivière et me fait rentrer dans les terres. Le milieu me semble surtout agricole.

Je passe par la municipalité de Lac au Saumon. Ils ont un très beau parc municipal avec la vue sur le lac qui est en fait un élargissement de la rivière.

Aujourd’hui, je me rends chez la cousine de Christian que j’ai rencontré dans les côtes Madeleine. Vous vous souvenez de lui ? Elle habite à Amqui dans un secteur un peu plus reculé. Christian m’a dit qu’elle avait déjà aussi fait du cyclotourisme. J’ai hâte de la rencontrer.

Bel accueil, l’endroit est super! Mireille et Denis font tout pour me faciliter la vie. J’apprend que Mireille travaille pour l’organisme de bassin versant de la région et que Denis est ébéniste. Eh ben! On va avoir de quoi jaser! 😉

Mireille m’invite à aller me baigner au lac juste à côté. De son côté, elle doit quitter pour une bonne partie de la soirée. Je passe mon tour pour la baignade, mais je me rends au lac pour y jeter un coup d’œil. Le coup d’œil s’est transformé instantanément en coup de cœur! Wow! Sérieux! Quel endroit merveilleux ! Un lieu de sérénité, de contemplation, de méditation.

Je quitte le lac en espérant y revenir bientôt avec mon kayak. On m’a dit qu’il y a aussi de superbes randonnées à faire tout près.

Je ramasse les lactaires saumon que j’ai vu en me rendant au lac. Mireille m’a permise de manger une partie des armillaires ventrus qu’il y a dans son frigo. Il y aura une espèce de plus ce soir dans son frigo. 🙂

Même si c’était très court, ça m’a fait du bien de marcher en milieu forestier. Ça me rappelait un peu chez-nous.

Tour de la Gaspésie complété – Jour 23

Le jour se lève et je déjeune avec Mireille ce matin. Elle m’a cuisiné un bon déjeuner. On poursuit notre conversation de fin de soirée. J’en apprend plus sur sa vie et tout ce qu’elle a accompli. Elle s’est formé en grande partie dans la vingtaine à travers l’aide humanitaire en Équateur. L’organisme de bassin versant sont chanceux de l’avoir! Je la sens tellement à sa place! Elle me relate sa façon de voir les choses et ses mots me vont droit au coeur. Ses propos résonnent beaucoup en moi.

Le téléphone sonne. C’est un journaliste de Radio-Canada qui lui demande une entrevue avant l’événement de ce soir qui célébre les 20 ans de service de l’organisme. Le journaliste vient la retrouver chez-elle bientôt. Ok, c’est le temps pour moi de terminer de ranger mon matériel. Voici le lien du segment diffusé si vous voulez en savoir plus : 20 ans pour l’organisme de bassin versant.

Je repars de Amqui le coeur heureux et rempli de gratitude. Ma vision de l’endroit s’est totalement transformée.

Je roule la tête et le coeur légers. Ça contraste avec les nuages noirs que j’aperçois dans le ciel autour.

Le lac Matapédia se poursuit jusqu’à Val-Brillant et Sayabec. Je garde en mémoire ma vision d’hier. Chaque nouveau point de vue du lac se rajoute à celle-ci.

J’arrête à la gare de Sayabec pour dîner. La gare de 1912 a été déplacée et restaurée pour en faire profiter le public. Une école tout près me rappelle que c’est déjà le retour aux classes. Le retour chez-moi arrive aussi bientôt.

C’est aujourd’hui que je termine officiellement mon tour de la Gaspésie. En effet, j’ai prévu coucher ce soir à Ste-Flavie, les portes de la Gaspésie. 😉

Je roule sur de l’asphalte raboteuse depuis un bon moment. Ça brasse pas mal. Et voilà que j’arrive dans les côtes de St-Angèle. L’asphalte devient toute douce. J’ai l’impression de rouler sur du verre. Wow! Ça fait du bien.

Il y a des nuages vraiment très bas au fur et à mesure que je me rapproche de Mont Joli. Il y a eut des nuages noirs toute la journée qui me tournaient autour, sans que je reçoive une goutte. C’est ici que ça change. Je rentre littéralement dans un nuage de pluie. Voilà un endroit où je ne peux pas dire que j’ai vu grands choses.

Je roule à visibilité réduite. J’ai l’impression de rouler dans une tempête de neige. J’arrête au premier camping à Ste-Flavie. Malheureusement, il n’y a aucun abri sur le camping. Je dois monter ma tente sous la pluie.

Je m’arrête à penser à la technique que je vais utiliser. Je n’ai pas une tente d’hiver avec moi, c’est une tente d’été avec pleins de moustiquaires.

Je commence par assembler mes pôles. Je sors la toile de plancher. Je mets ma tente par dessus. Je mets les pôles à plat dessus et je recouvre le tout de mon double toit. J’ai l’impression de faire une lasagne.

Je dois insérer le bout des pôles dans les anneaux tout le tour pour monter la structure en maintenant le double toit du mieux que je peux pour recouvrir ma tente avec moustiquaires, on se rappelle. J’entre ensuite tant bien que mal sous le double toit pour insérer les arceaux de ma tente sur les pôles. Je fixe finalement le double toit.

Et voilà ! Il me reste plus qu’à essuyer les quelques gouttes qui se trouvent tout de même à l’intérieur. Une expérience de plus à mon actif. 😉

Retrouvaille avec le fleuve – Jour 24

Dès mon départ, je roule tout près du fleuve. Je retrouve son odeur mêlée au parfum des roses sauvages qui bordent le chemin. C’est cool de le retrouver, surtout du fait que je roule « du bon bord ». Il n’y a plus la barrière des voitures entre nous.

Quelques km à peine et j’embarque sur une piste cyclable qui m’amène jusqu’à Ste-Luce-sur-mer. C’est merveilleux ! Je roule doucement. Je profite du moment présent.

La piste cyclable et la route des navigateurs se poursuivent jusqu’à Pointe-au-Père où on peut observer son phare et le sous-marin Anondaga qu’il est possible de visiter.

Je commence à voir au loin le parc du Bic. Je sais que j’ai encore en grand bout à rouler en dehors de la 132 pour l’avoir fait l’an dernier dans l’autre sens. Je pense à quel point cette section du Bas St-Laurent est parfaite pour s’initier au cyclotourisme. Retenez l’information. 😉

Je passe devant la marina de Rimouski et je traverse la ville complètement séparé de la route, sans les lumières de rue et le traffic. C’est vraiment une ville qui prend soin de leurs cyclistes et piétons.

Ma route se poursuit ensuite par le chemin du littoral, une autre piste cyclable en poussières de pierres. Merci aux visionnaires et bâtisseurs!

Je me rend ainsi jusqu’à la plage du Rocher blanc pour une pause et le dîner. Je dois ensuite retourner sur le bord de la 132 pour rejoindre Le Bic et me rendre à St-Fabien, au camping municipal.

Il y a la Cantine Côtière tout près de mon camping. Je sais que c’est la cantine de Colombe St-Pierre. J’ai voulu manger à son restaurant du Bic deux fois l’an dernier, mais je suis passé durant deux jours où c’était fermé. Je me reprends ce soir pour souper. Il n’y a plus juste les cantines qu’on avait pendant mon enfance sur le bord de la 132!

Le retour de Benoit – Jour 25

Je pars tard ce matin. J’ai pris le temps de me cuisiner un dîner et j’ai parlé quelques fois au téléphone. Benoit est dans le coin de l’Isle-Verte. On se trouve un camping à deux ce soir! 🙂

Notre choix s’est arrêté sur le Parc côtier Kiskotuk au camping des Passereaux. Il reste une plate-forme à flanc de montagne disponible. Il faudra marcher une courte randonnée en forêt pour s’y rendre. Ça me va!

Je pars de St-Fabien en ayant l’idée de rejoindre Benoit à peu près à mi-chemin. Je roule sur la 132. À cette hauteur, la route est achalandée. J’ai l’impression de rouler sur le bord d’une autoroute. Il vente en plus, donc c’est bruyant. Qu’est-ce que je fais dans ce temps-là ? Je chante à tue-tête! Voici un petit aperçu de ce que ça donne parfois! 😉

Je chante Cacouna sur l’air de Tequila…

À ma droite, ce sont des champs et des falaises de roches arrondies. En fait, ça ressemble beaucoup aux palissades de Kamouraska, mais en un peu plus petit.

Je me rends jusqu’à l’indication du camping Plage de Trois-Pistoles pour pouvoir passer par la grève de Fatima, une piste cyclable en poussière de pierres. Je suis passé par là l’an dernier et j’avais adoré. Je prévois aussi m’arrêter pour dîner dans ce coin-là. C’est beau encore!

Peu de temps après la piste cyclable, j’arrive à Trois-Pistoles. Un homme vient rouler à côté de moi en me jasant. Il s’informe de mon histoire et me raconte ensuite la sienne. Il a un chalet sur la grève de Fatima et il vient de Québec. Il est venu en vélo « one shot » hier. C’est tout de même environ 250 km. « Il est en forme le monsieur! »

Il me dit qu’il s’en va faire le tour du lac St-Mathieu aujourd’hui et qu’il ira courir un peu après. « Il est hyperactif le monsieur! » Il me dit qu’il pratique plusieurs sports et qu’il est plutôt multidisciplinaire. Il fini par me dire qu’il est en fait le fondateur du Pentathlon des neiges et qu’il se fait le devoir de le faire à chaque année, depuis 20 ans déjà. Ah! Tout s’explique maintenant.

Je rejoins la 132 à la hauteur du musée de la Gaspésie. Je devrais voir Benoit arriver bientôt. Oh! Justement, il m’a écrit. Il est parti de moins loin que prévu et a déjà fait 29 km le vent dans le dos. On s’est manqué. Il a dépassé ma hauteur en sens inverse sur la 132 et il y a maintenant environ 20 km qui nous sépare. Ça ben l’air qu’on ne fera pas de vélo ensemble aujourd’hui. 😉

J’arrive à la halte routière de l’Isle-Verte où Benoit a laissé son véhicule. Encore une fois, l’endroit est intéressant. J’ai juste le temps d’enlever mon casque, mes gants et Benoit me rejoint peu de temps après. Il aura tout de même fait 60 km de son côté.

Pour ma part, il me reste encore quelques km avant d’arriver à l’intersection entre la 132 et le chemin de graviers pour se rendre à notre camping. J’embarque tout mon attirail avec moi dans le camion de Benoit. C’est l’avantage d’avoir un « soutient technique ». 😉

Le site du camping est superbe! La bâtiment de services près du stationnement est pratiquement neuf et bien pensé. On marche ensuite dans un magnifique sentier pour se rendre à notre plate-forme.

À notre arrivée, je ne peux pas m’empêcher de lâcher un immense « wow »! On voit super bien l’Île Verte, toute l’étendu du fleuve, les montagnes de Charlevoix d’un côté et celles de la Côte-Nord de l’autre. Dire que j’étais là en vélo il n’y a pas si longtemps! C’est l’fun de pouvoir partager ce moment avec Benoit.

On a droit à un superbe spectacle du coucher de soleil sur notre très cher fleuve St-Laurent que j’adore. J’étire la soirée jusqu’à ce que la lune se pointe le bout du nez à son tour. Je me sens encore une fois très privilégiée. Merci la vie!

Vive le vent prise 2 – Jour 26

Benoit vient me reporter à l’intersection d’hier sur la 132. Il vente très fort! Benoit me dit en riant: « On peut continuer comme ça dans le camion jusqu’au camping de la rivière Ouelle si tu préfères ». 😉

Il vente. Il vente très fort! Je dois adapter ma conduite pour garder l’équilibre. J’ai l’impression d’être au sommet du Mont Washington! C’est tellement exagéré par moment lorsqu’il y a des rafales que ça me fait rire.

Tranquillement, les km s’accumulent tout de même. Je vois la pancarte pour le traversier Rivière-du-Loup / St-Siméon. Il me reste 1 km pour prendre ma décision si je traverse pour faire un autre tour. Ha ha ha! 😉

Benoit est rendu à Kamouraska. Il va profiter de ce beau village touristique. On a prévu se rejoindre là-bas quelque part dans la journée pour une petite bouffe dans un resto.

Par chance que j’ai d’autres nourritures avec moi parce que je ne suis pas rendu! Après avoir traversé la ville de Rivière-du-Loup, je repasse par Notre-Dame-du-Portage. Ça me fait toujours du bien de revenir à cet endroit.

Je continu de rouler et mon téléphone sonne. C’est Benoit qui me demande si je veux de la compagnie pour rouler. Bien sûr! On se retrouve dans le coin du camping de la Batture SEBKA. Je me suis abrité du vent derrière un bâtiment pour une autre pause.

Benoit a parcouru 15 km le vent dans le dos. Son speedo indique une moyenne de 46 km/h!!! Dans l’autre sens, c’est une autre histoire. Il passe devant pour me couper du vent. On parcourt les 15 km qui nous sépare de Kamouraska avec une nouvelle moyenne de 13 km/h! C’est toute une différence!

On fini par finir et se rendre à Kamouraska pour une pause bien méritée. De mon côté, il reste encore 28 km à faire jusqu’au camping de la Rivière Ouelle, le même camping du début de mon périple. Avant, j’ai besoin de refaire le plein d’énergie.

Je repars après m’avoir bien régalé. J’ai environ 10 km à faire encore dans les battures de Kamouraska. Je quitte les beaux champs dorés pour passer ensuite par le chemin de la grève à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie. Une autre belle section à rouler.

Il me reste seulement le dernier bout du chemin pour arriver au camping. Benoit est venu me rejoindre en vélo au pont de la rivière. La tente est déjà montée. Le coucher du soleil n’est plus très loin. La présence de Benoit a vraiment fait la différence moralement pour cette grosse journée.

J’ai juste le temps d’arriver au camping, d’enlever mes souliers, d’aller au toilette, de sortir mon linge pour la douche et c’est déjà l’heure du coucher de soleil. On a le droit à un beau spectacle encore ce soir. Ça fini bien la journée !

Ce n’est plus où je vais, mais plutôt d’où je viens – Jour 27

Il me reste un peu moins que 160 km à faire avant de retrouver mon point de départ. Normalement, il ne me reste plus que 2 journées à rouler comme je le fais depuis presqu’un mois déjà.

Je me rend compte que ma réponse a changé depuis quelques jours lorsqu’on me demande jusqu’où je vais comme ça. Je prend plutôt le temps d’expliquer d’où je viens et comment le territoire du Québec est magnifique.

Je roule en étant souvent perdu dans mes pensées aujourd’hui. L’heure est au bilan, aux réflexions. Je me remémore certains moments, certaines rencontres, certains paysages et j’éprouve de bons sentiments à nouveau. C’est l’fun!

C’est la sensation de faim et la baisse d’énergie qui m’arrachent régulièrement à mes pensées. Je crois que je serais capable de manger à toutes les demi-heure. Mon premier arrêt se passe derrière l’église à St-Roch-des-Aulnaies. C’est beau et c’est tranquille. Je prend mon temps et ça me fait du bien.

J’ai un autre arrêt bouffe prévu avec Benoit à St-Jean-Port-Joli. On est à la marina. J’aime les marinas. On est plutôt impressionné cette fois-ci par l’ampleur de la marée qu’on peut imaginer par les traces laissées sur le côté du quai.

On est présentement à marée basse et c’est clair que les bateaux doivent attendre que la marée remonte pour pouvoir naviguer. On voit clairement que certains voiliers sont actuellement dans la vase au lieu d’être dans l’eau.

Un homme s’approche et s’informe de la provenance du cadre de mon vélo. Il s’ensuit une conversation sur l’amour qu’il porte au vélo. À chaque printemps, il ressent toujours l’excitation de son enfance au moment de sortir son vélo pour la première fois de l’année. Je comprends ce qu’il veut dire. Il nous fait aussi remarquer qu’on se souvient tous avec précision de la première fois qu’on a appris à faire du vélo. Il y a des choses comme ça dans la vie. 😉

Mon dernier arrêt bouffe de la journée se passe à l’Islet. C’est à cet endroit qu’on peut visiter le musée maritime du Québec. J’ai une vue sur le parc fluvial pendant que je grignote.

J’arrive bientôt, mais je me sens fatiguée. La journée d’hier en est sûrement pour quelque chose. Je décide de faire une mini sieste couché sur des rochers que j’ai déniché à Cap-Saint-Ignace. C’est un peu ça aussi la liberté que procure le vélo.

Je suis rendu à Montmagny. Demain, c’est ma dernière journée. La météo prévoit du soleil et de la chaleur. Même si je vais repasser aux mêmes endroits, ça sera une journée complètement différente que ma première journée à la pluie battante et au froid. On s’entend, ça pouvait juste être mieux.

Dernière journée – Jour 28

C’est ma dernière journée aujourd’hui ! Je suis prête à partir assez tôt. Juste avant de quitter, je reçois la visite de mon père et ma mère. Ils ont décidé de venir me faire un petit coucou en moto. Cool! 🙂

Il fait déjà chaud et le vent est plutôt calme aujourd’hui. Je décide de passer par la plage de Berthier-sur-mer. Ayoye! Il y a pleins de monde! C’est aujourd’hui l’été! 😉

Le fleuve s’est rétrécit. Il y a quelques voiliers au loin. Je me rends jusqu’à la halte de St-Vallier pour manger un peu.

C’est aujourd’hui que ma tante Nicole vient rouler avec moi. Elle reste à la limite de Beaumont et Lévis et on a prévu se rejoindre au début de la piste cyclable. Je viens de passer St-Michel-de-Bellechasse. J’aurai bientôt de la compagnie pour le reste de mon parcours.

Je repasse devant l’église de Beaumont qui me rappelle notre première journée à la pluie pour Benoit et moi. C’est en effet une journée complètement différente aujourd’hui.

De retour sur la 132, je roule un peu et j’entends des cris de joie de l’autre côté de la route. J’ai droit à un comité d’accueil! Nicole me croise en vélo et Benoit est là avec un couple. Ils m’applaudissent en souriant. Je ne les reconnais pas. Ce sont en fait les gens qui habitent la maison derrière l’ombre que ma tante a déniché sur le bord de la route. Ils ont tout simplement décidé de se joindre à notre bonheur. C’est cool!

On se rend Nicole et moi jusqu’à chez-elle pour la pause dîner… à l’air climatisé. Je suis vraiment contente que Nicole soit là avec moi. C’est une amoureuse inconditionnel du vélo. Le fait que la piste cyclable soit tout près de sa maison n’est pas un hasard. Elle en profite à tous les jours.

C’est le moment de repartir tous les trois. Nous avons un autre rendez-vous au parc de l’Anse-Tibbits pour rejoindre mon amie Mélanie et son chum Sébastien! Nous roulons avec une vue magnifique sur le fleuve et la ville de Québec. C’est la première fois que j’ai cette perspective sur cette ville que j’adore. Selon ses mots, Nicole est heureuse comme une reine. Ça se voit!

On rejoint le parc de l’Anse-Tibbits. Mélanie et Sébastien sont là comme prévu. Après quelques photos et des bons mots, Nicole nous laisse pour retourner chez-elle en vélo. Il nous reste environ 20 km encore à faire tous les quatre avant d’arriver à notre destination finale.

Il fait chaud, on roule tranquillement, ça va bien! Je suis vraiment heureuse d’être si bien entouré. C’est l’fun de pouvoir partager ce moment avec les gens que j’aime. Sébastien réussi à filmer en roulant. Merci Sébastien pour ta témérité. 😉

On doit faire une pause à l’ombre à cause de la chaleur. J’ai roulé sous la pluie, dans la brume et le vent. Il me manquait seulement la chaleur. C’est aujourd’hui que ça se passe.

On arrive dans le quartier résidentiel de mon amie Chantal. On est bientôt arrivé. Ça fait bizarre. C’est un mixte d’émotions difficile à expliquer. Ça y est! J’ai bel et bien terminé! C’était vraiment l’fun de finir ça ensemble.

Chantal, Nicolas, Laurie et Eva nous ont préparé un super accueil! Des assiettes de légumes, fromages, charcuterie, biscottes et humus nous attendent. Nicolas a même sorti une bouteille de champagne pour l’occasion. Je me prête au jeu de faire sauter le bouchon! On n’a pas gaspillé une goutte par contre! 😉

Ma soeur Véronique, son chum Mario, Louis-Simon et Kelly-Anne sont aussi là pour l’occasion. C’est la fête ! Il y a beaucoup de joie et de fierté dans l’air!

Benoit, Mélanie et Sébastien doivent récupérer leur véhicule laissé plus loin. Conduire ma voiture sur l’autoroute me fait tout drôle. Ça va vite! Trop vite! Peu importe. Direction St-Mathieu-du-Parc. Ce soir, je dors dans mon lit! 🙂

Merci à tous ceux qui m’ont lu jusqu’ici. J’espère que je vous avez aimé le récit et que je vous ai peut-être donné le goût de partir en cyclo vous aussi! 🙂 Écrivez moi pour me partager vos commentaires ou vos propres aventures! marieevecaissy@gmail.com.