Les côtes Madeleine – Jour 12

Ça continu aujourd’hui! Je roule encore à côté des falaises tout près du fleuve. Il y a des grands bouts où je roule entre 25 et 27 km/h. C’est grisant! Le jeu du jour : déjouer les nuages de pluie. Ça me demande parfois d’attendre sur place pour que la pluie que je vois au loin se déplace vers l’ouest et me laisse le champ libre.

J’arrête au phare du Cap-de-la-Madeleine. Il y a des tables pour manger à l’intérieur. C’est très apprécié compte tenu du vent et de la pluie. J’ai une vue imprenable sur le début des côtes Madeleine. On m’a tellement parlé de ces côtes. Comment vais-je me débrouiller?

Je déploie beaucoup d’effort. J’arrête pour me reposer à deux reprises. C’est long, c’est ardu, c’est tout un défi! Lorsque je réalise que je vais bientôt terminer, je me mets à imaginer qu’une voiture s’arrêtera pour prendre le temps de fêter ma victoire avec moi. C’est clair que je vais le faire si je croise en voiture un cyclo dans le coin.

Je commence à descendre de l’autre côté. Ça descend sur un méchant temps! Peu de temps après, une voiture s’arrête. Un homme débarque et me fait de grands signes. Une femme débarque à son tour. Je me rapproche, j’arrête. C’est Christian et Caroline!!! Ils s’en vont passer la fin de semaine à Forillon. Ils m’ont fait vivre un grand coup d’émotions! J’étais vraiment contente de voir des gens que je connais à cet étape de mon parcours.

Je sors des terres, j’aperçois le fleuve et bientôt c’est le village de Grande-Vallée que j’aperçoit plus bas. Plus que quelques km et j’arrive à mon camping à Petite Vallée. Nous sommes à flan de falaises. C’est le nord de la Gaspésie.

Après la routine habituelle, je décide de me rendre au Théâtre de la vieille forge pour voir une pièce de théâtre. J’arrête à la marina. Le tout est très bien aménagé avec une touche artistique.

C’est déjà le temps de se planifier pour demain. Je viens d’aller voir le dénivelé. Je capote un peu. C’est pire que celui d’aujourd’hui. Je croyais que le pire était derrière moi. Et non, ça l’air que c’est demain que ça se passe! Je vais avoir besoin de vos encouragements. Demain, tout le monde pédale avec moi! 😉

La Haute-Gaspésie – Jour 11

Je quitte la maison de Clément. Il est déjà parti depuis un bon moment. Il avait un rendez-vous médical à 8h à Maria! C’est aussi ça parfois vivre en région éloignée.

Ça roule bien, il y a un bel accotement et il fait beau. Tranquillement, je sens que je rentre dans la Haute-Gaspésie. Le fleuve est large et les montagnes se dressent à l’horizon. Je croise des marcheurs qui sont assurément en train de faire le SIA. Je pense à Benoit, Christian et Noémie que j’ai rejoint à leur arrivée l’an dernier.

Je croise le phare de Ste-Marthe. Je pense à Annie qui adore les phares. J’arrête prendre une photo. En vélo, on réussi aussi à voir de plus petites choses.

Les monts sont là. Je roule près de leurs falaises, le fleuve est omniprésent à ma hauteur et les vallées avec leurs baies s’enchaînent. C’est magistral! C’est une section que j’ai parcouru fréquemment en voiture lorsque j’habitais à Forillon. Souvent, je me suis imaginé rouler ici en vélo. Voilà, j’y suis! 🙂

J’arrive à Mont St-Pierre. La veille j’ai envoyé un courriel à Vue du ciel, une compagnie qui nous permet de sauter en tandem en parapente ou deltaplane à partir du sommet du Mont St-Pierre. Pour l’instant, ils m’ont dit qu’ils avaient de la place, mais que les conditions sont incertaines. J’ai juste à rentrer dans leur boutique à mon arrivée pour vérifier avec eux. Je repère la maison jaune… déception. Je trouve un écriteau m’indiquant que ce ne sera pas encore pour aujourd’hui.

Je prend le temps d’aller acheter de la nourriture au petit marché et je prend place sur la plage pour dîner. Il est beau le Mont St-Pierre et il va continuer à me faire rêver d’y sauter un jour.

Plus que quelques km pour Mont Louis, ma destination finale de la journée. Cette pancarte me fait réaliser que mine de rien, j’arrive bientôt à Gaspé. C’est un peu fou quand j’y pense.

J’arrive au camping Parc et Mer. C’est un camping Bienvenue cyclistes et qui accueille de la même façon les marcheurs du SIA. Pour 25$, on m’offre de coucher dans un dortoir. Le vent se lève de plus en plus et il annonce un peu de pluie cette nuit. J’accepte volontier. C’est juste wow! Bien au-dessus de mes attentes! C’est super propre et bien organisé. Il y a une cuisine et une salle communautaire au sous sol. Chapeau!

Je prend mon temps sur la plage avant le souper. Les vagues se gonflent tranquillement. Le ciel s’ennuage. En espérant que le gros passe cette nuit et que ce soit encore une belle journée demain.

Mon 1er Warmshower – Jour 10

Je suis à St-Anne-des-Monts. Je dors ce soir dans un lit d’une grande maison de 1875. Clément m’offre le gîte. Je l’ai contacté grâce au réseau de Warmshower. J’ai pris ma douche et j’en ai profité également pour faire un lavage. Youpi! Nous avons souper ensemble. Il m’a raconté ses voyages de vélo en Europe et son histoire personnelle. Il a parti sa propre boutique de vélo à St-Anne-des-Monts, Biseak, qu’il a ouvert pendant la pandémie. C’est un jeune dynamique et débrouillard. Il fait aussi du vélo de montagne et aime le festival western de St-Tite. Je l’ai invité à me contacter s’il va rouler au Mont SM.

Ça fait seulement trois semaines qu’il est propriétaire de la maison avec 3 autres de ses amis. La maison fait parti d’un autre projet. Je lui souhaite tout le succès qu’il mérite et de partir en vélo en Amérique centrale ou du sud en novembre comme il le désire. Et de voir tous les match de soccer possible. 😉

C’était l’fun de rouler dans de bonnes conditions aujourd’hui. C’est doux la Gaspésie. C’est une section que j’avais fait l’an dernier. Plusieurs souvenirs me sont revenus à l’esprit. Je réalise que je suis en meilleure forme maintenant que l’an dernier. C’est encourageant pour les côtes Madeleine à venir dont j’ai beaucoup entendu parler.

Le monde est gentils. J’ai reçu plusieurs salutations et sourires durant ma journée. C’est toujours agréable et ça encourage. J’ai croisé un autre cyclo aujourd’hui à une halte routière. Il est parti d’Ottawa, il se rend à Gaspé et ensuite à Halifax. Tout ça en 21 jours si j’ai bien compris. C’est la beauté de la chose, on peut tous aller au rythme qui nous convient en cyclotourisme.

Sur ce, je vous dit déjà à demain. Je vais passer par le Mont St-Pierre et il annonce beau. Ça se pourrais-tu que…

Transition et ravitaillement – Jour 9

Mon cadran sonne à 6h, tout est encore humide, il tombe une fine pluie. Je déjeune à l’intérieur de ma tente ce matin. Je suis prête à partir, il est 8h30. Je n’ai aucune vu sur le fleuve, je roule, j’ai un traversier à prendre encore une fois.

Ce n’est pas agréable traverser Baie-Comeau, malgré la piste cyclable qui débute après un moment. La circulation est dense, c’est bruyant, c’est stressant et je me fais arroser royalement. Par chance, il y a une section de la piste cyclable entourée de végétation plus éloignée de la route principale. Ça permet de faire retomber la pression. J’arrive au traversier, il est un peu passé 10h30.

Le bateau est beaucoup plus gros que les autres que j’ai déjà utilisé. Il y a 6 ponts et peut accueillir jusqu’à 195 voitures. Le 6ième pont est aménagé pour permettre aux utilisateurs de traverser confortablement. J’en profite pour dîner. Je prendre la soupe du jour et un Poker Bol. Je me régale, c’est très bon. Il y a une gang de camionneurs qui jasent à ma table voisine. Les rires et les histoires s’enchaînent l’une après l’autre. Ils me font sourire plus d’une fois, surtout par leur façon de raconter avec leur accent. J’aime les différents accents du Québec.

Je débarque à Matane. Nous avons traversé le fleuve sous le soleil, mais voilà qu’un gros nuage noir se dessine à l’horizon. C’est la ville et j’ai du temps. J’en profite pour aller à l’épicerie. C’est à ce moment que le nuage noir décide de déverser toute son eau. Il pleut fort. Je dois me mettre à l’abri.

Après la gros de la pluie passée, je rejoint une épicerie pour acheter des légumes et des fruits frais, des noix et du pain. Bien sûr, mon espace est limité, donc c’est le défi de trouver le juste équilibre dans mes choix. Il y a aussi un Sport Expert. J’arrête acheter 2 repas lyophilisé et une nouvelle bracière que je garderai sec pour les soirs.

La pluie est complètement terminée, je suis en Gaspésie. C’est un peu comme revenir à la maison.

J’arrive à l’auberge de jeunesse de Ste-Félicité, le Manoir des Sapins. J’ai découvert cet endroit l’an dernier et j’ai adoré. Je voulais y m’arrêter à nouveau cet année. Il ne reste plus de chambre, mais je peux monter ma tente dans leur cours et tout de même avoir accès aux facilités de l’auberge. C’est parfait! Il fait soleil, un vrai soleil chaud comme ça fait longtemps que je n’ai pas eu. J’étend mon matériel, ma tente est détrempée. Je profite des hamacs en regardant le fleuve. C’est le pur bonheur !

Marie-Noëlle, une amie de Shawi qui habite maintenant à Matane, vient me rejoindre pour souper. Je l’attend en regardant tranquillement le soleil se coucher et en ramassant mon matériel qui est …. sec!!!

Marie-Noëlle est arrivé avec de la morue et des patates douces déjà cuites. Je suis vraiment gâtée! On a passé une belle soirée à jaser de nos vies. On n’a pas vu le temps passer. On a manqué le feu de joie communautaire qui était à l’extérieur. Ça l’air que c’était presque qu’une soirée d’été. Le vent venait du sud.

Ça roule – Jour 8

J’ai bien dormi et il fait beau à mon réveil. Le site est toujours aussi beau. Mon voisin m’offre un café que je refuse bien gentiment. J’ai arrêté le café pour l’occasion. Moins de matériel à traîner et plus de temps le matin. Quoique j’aurai pu me laisser tenter, mais mon sevrage est encore récent.

C’est un peu la même routine que d’habitude sauf que ce sera un peu plus compliqué pour l’eau ce matin. D’ailleurs, le voisin s’informe sur ce que je compte faire à ce sujet. J’ai avec moi une gourde qui sert également de filtreur (merci Benoit). J’ai repéré une petite chute d’eau hier. Je l’invite à m’accompagner pour remplir nos gourdes. La source d’eau me rappelle celle à laquelle nous avions bu directement lors d’un canyonning avec Griffon Aventure . L’eau est légèrement colorée, mais elle est bonne! Voilà ! Toutes nos bouteilles sont remplies. On a tout le nécessaire pour la journée.

Je me met à rouler, ça va bien, mon énergie est de retour. Il fait beau, il n’y a presque pas de vent et il y a peu de côtes. Ça aide! Les km s’accumulent rapidement. Je décide de me rendre au quai de Ragueneau pour dîner.

L’endroit est beaucoup plus gros et reconnu que je croyais. C’est vraiment beau, mais c’est moins « sauvage » que l’endroit où j’arrive. Je mange ma soupe de légumineuses avec mes légumes secs que j’ai fait cuire le matin.

J’hésite encore pour ma destination. J’essaie d’attraper le traversier de 17h30 ou je couche un autre soir de ce côté-ci et je prend le bateau du lendemain à 11h? J’ai une amie qui habite à Franquelin, mais je ne réussi pas à la rejoindre. On avait prévu essayer de se voir le 15 août, mais je lui avais écrit le matin avant de quitter Forestville en croyant que ça serait plutôt le 16 août. Avec l’heure du départ du traversier, reste seulement ce soir de possible.

Finalement, je décide d’étirer un peu la Côte-Nord. Je couche au Camping de la mer à Pointe-Lebel, à 12 km plus loin de ma route. J’aurais 32 km à faire le lendemain avant d’attraper le traversier. Je prévois me réveiller plus tôt demain matin pour être certaine d’être à l’heure.

J’arrive au soleil! Je sors mon linge, ma tente, etc. et je fais sécher le tout. Ce fut de courte durée. Le brouillard est arrivé et l’air était humide à nouveau. Il y a un restaurant sur le site. C’est mon plan pour le souper. Mais avant, une bonne douche chaude!! Yé! 🙂

Jour de repos – Jour 7

Je fais la grasse matinée ce matin. Je me réveille à 8h15. Je reçois un texto de Benoit me demandant une information pour la shop. C’est lundi, l’ébénisterie ouvre ses portes après 3 semaines. C’est bizarre, je ne suis pas là cette année. Je vérifie mes messages au travail. Je vais à l’essentiel. Je ne peux pas être ici et là-bas en même temps. Mon corps est encore fatigué ce matin. Il ne pleut pas, mais c’est encore humide. Mes mouvements sont lents, je prends mon temps. Je termine d’écrire le jour 5 sur le blogue en déjeunant.

Temps de plier bagages, je suis prête à partir, il est 11h45 !! Je roule à peine 1,5 km et il y a une halte routière. Vous connaissez ma règle? J’arrête. Magnifique! Je passe un bon moment à regarder les 3 pécheurs et la chute couler.

Je rejoint ma monture, il est 12h30. À ce rythme, je n’irai pas loin aujourd’hui ! En fait, j’ai trouvé grâce à l’application iOverlander un site qui semble superbe et où il est possible de monter sa tente gratuitement. Il y a des toilettes chimiques sur place, des poubelles et des tables à pique-nique. C’est à moins de 30 km. C’est mon 1er objectif. Après, je verrai si je vais plus loin. Il commence à pleuvoir. Quel changement ! Les paysages sont magestueux! J’ose imaginer ce que ça doit avoir l’air sous le soleil.

Je chante : « Amenez-moi au bout de la terre (…) il me semble que la misère serait moins pénible au soleil. » Ça me fait sourire et ça me donne surtout un « beat » en pédalant. J’alterne également avec la fredonnette que Rebecca m’a partagé : « Chu mouillée, chu mouillée, chu mouillée, chu mouillée (…) faque j’continue à pédaler.  » 😉

Avec tout ça, je fini par arriver à la halte dont je vous ai parlé, la halte de l’Anse-à-Norbert à Colombier. C’est magnifique ! Il est 14h. C’est assurément ici que je vais dîner et quelques minutes plus tard je décide que ce sera pour le coucher aussi. Il y a un pallier plus bas et deux sites avec tables de pique-nique pour installer ma tente. C’est parfait!

Peu de temps après, Carole et son petit-fils Théodore viennent me saluer. Ils sont sur leur retour d’un « road trip » sur la Côte-Nord. Ils sont allés jusqu’à Kégaska. Ils sont arrêtés pour dîner également. Carole m’offre de me faire un sandwich et de partager le repas avec eux. Génial ! Nous avons même des crudités et de l’humus. C’est bon!

Ils m’ont raconté leur voyage et Théodore m’a montré tous les autocollants qu’il a récolté pour chaque village visité. Il y en a 43 au total à collectionner et il les a presque tous! Les autocollants sont tous uniques et magnifiques. Ils sont offerts gratuitement par l’office du tourisme. Quelle belle idée pour inviter plus de gens à quitter la 138 et à se rendre dans les villages.

Carole et Théodore reparte tranquillement. Le soleil sort! J’étend ma serviette et mon linge pour essayer de les faire sécher un peu tout en admirant la vue au soleil… ou du moins, avec un peu de ciel bleu!

C’est au tour de Richard et Jean-Claude de se pointer avec leur motorisé. Ils décident de rester pour la nuit. Jean-Claude a été pendant 42 ans technicien de la faune pour le ministère du Québec. Cool! Il a pleins d’histoires de terrain à raconter et ça me permet de partager les miennes. De plus, il connaît assez bien la Côte-Nord pour l’avoir parcouru une dizaine de fois. C’est grâce à eux que la batterie de mon cellulaire est rechargée et c’est grâce à Jean-Claude que je peux maintenant vous dire le vrai nom des petits pois de bord de mer : la gesse maritime.

Arrive également un cyclotouriste qui monte sa tente sur l’autre site disponible. Il vient de faire 90 km. C’est sa 1ère journée d’un « trip » d’environ 1 semaine. Il prévoit aussi faire les 2 rives du fleuve : Escoumins – Godbout et Matane – Rivière-du-Loup. Il prendra ensuite le traversier pour récupérer sa voiture aux Escoumins. C’est une belle version aussi!

Avant le souper, je vais marcher sur la plage et les rochers de l’Anse. C’est incroyable ! C’est beau! Je me sens au paradis! Je me sens en totale symbiose avec la nature. C’est magique !

J’ai mangé des bleuets, quelques framboises et plusieurs gousses de la gesse maritime. J’ai même trouvé du poivre des Dunes pour la 1ère fois!

Je suis rempli de gratitude pour cette nature généreuse et les belles rencontres d’aujourd’hui. Je crois avoir réussi à faire le plein d’énergie pour ma journée de demain. 🙂

La fatigue s’installe – Jour 6

Comme prévu, Benoit revient me porter à Petits-Escoumins. P-O nous annonce qu’il n’a pas vendu mon vélo sur Marketplace. Super! Tout mon matériel est débarqué. Je fais mes saluts! Avant de partir, le couple qui ont dormi dans leur véhicule sur place et qui se prépare à quitter également. On jase, ils aiment mon histoire, ils sont photographes. L’homme me demande s’il peut prendre mon portrait. J’accepte. On verra qui aura fait la meilleure photo, Benoit ou le photographe ? 😉

Assez vite, je me retrouve à côtoyer les paysages typiques de la Côte-Nord. La journée est difficile. Il ne pleut pas, mais c’est nuageux et il fait froid. J’ai un bon vent de face qui n’aide pas ma cause.

Malgré tout, j’avance et j’arrive à une première halte routière. Je suis à Longue-Rive. En cherchant les toilettes, je m’aperçois qu’il y a une magnifique chute de l’autre côté de la route et un sentier qui nous amène à un pont suspendu. Wow! De toute beauté ! Ça valait le détour! Règle importante : toujours s’arrêter dans les haltes routières! Il y a toujours quelque chose de beau à voir!

Les km s’accumulent et les paysages défilent tranquillement. Je suis mouillée et je suis fatigué d’être mouillée. Je ne suis pas encore assez fatiguée par contre pour ne pas apprécier la beauté des paysages.

J’ai hâte d’arriver à mon camping. Il est situé juste à côté du traversier de Forestville. Grosse côte à descendre pour se rendre. Je pense déjà que je devrai la remonter demain.

Après avoir monté ma tente et pris ma douche, j’ai un peu de temps pour aller sur la plage avant le dîner. Je ne me baigne pas, mais je ramasse des petits pois du bord de mer. J’ai oublié leur vrai nom. Ça me fait un petit apéro!

C’est l’heure du souper. J’en profite pour vous raconter mes journées précédentes. Je m’amuse à prendre des photos de mon site. Ça ferait des bonnes pubs d’articles de plein air, non? 😉

Je me sens toujours fatigué après avoir mangé. J’avais prévu une grosse journée demain. J’pense que je vais changer mes plans. À suivre…

De la visite – Jour 5

Je pars de Tadoussac avec ma nouvelle lampe frontale, mon nouveau drapeau et mes nouvelles lunettes. Une autre bonne côte à monter en partant. C’est fait!

J’arrête au Lac à Jérôme pour dîner. Bel endroit. Je me régale. J’ai un restant de mon panini d’hier et une soupe de légumineuses que j’ai cuisiné avant de partir ce matin.

Benoit et ses garçons viennent me rejoindre en camping dans le coin de Grandes-Bergeronnes ou les Escoumins ce soir. Youpi! Je tombe là-dessus juste avec de quitter après le dîner. Je n’ai rien bougé. C’était tel quel. J’ai une pensée pour « ma gang ».

Il fait beau, j’ai un vent de dos, le paysage est merveilleux. Mon corps répond bien. La vie est belle!!! J’ai même trouvé pleins de bleuets ! Miam! Miam! J’ai l’impression que je vais avoir la chance d’en manger à chaque jour ici si je veux.

Je viens tout juste de quitter ma cueillette de bleuets quand Benoit me dépasse en camion. Il est environ 14h30, on est entre Grandes-Bergeronnes et les Escoumins. Il n’y a plus de terrain de camping disponible au Paradis Marin et à Mer et Monde. Reste Cap Bon Désir à Grandes-Bergeronnes ou un camping aux Escoumins. C’est Cap Bon Désir qui gagne.

On avait convenu que je continuerais en vélo encore quelques temps vu que les conditions sont parfaites. Benoit avait accepté de venir me chercher et de me ramener le lendemain matin à l’endroit où je serai rendu. Trop cool, non? Encore une fois, le support de Benoit est grandement apprécié !!!

Je roule, ça va bien, j’ai le sourire aux lèvres. Je dois vite trouver en endroit pour arrêter. Je ne veux pas exagérer sur les km supplémentaires que Benoit devra faire. Je cherche un endroit adéquat. Je ne veux pas juste arrêter « no where » sur le bord de la 138.

Je vois une pancarte Petits-Escoumins. Il y a un pont et je vois plus bas à l’embouchure de la rivière un bloc de béton où je pourrai accoter mon vélo et mon chariot. L’endroit semble magnifique. C’est parfait! J’arrive et il y a une maison tout près.

Un homme y sort pour me demander si tout va bien. Je lui explique ma situation et me voilà bientôt assise sur leur galerie une tasse des Nordiques avec un peu de bière à la main (il avait compris que j’étais originaire de Québec). Je rencontre sa blonde Sarah, c’est la journée de sa fête. Leur fille Charlie est avec eux, la mère de Sarah, leur chienne Clochette et voilà que le voisin vient nous rejoindre. On jase, j’ai pleins de plaisirs, on rit. J’ai rarement vu mieux lorsqu’on doit attendre son « lift ».

Benoit arrive, il reçoit le même accueil. Ils nous proposent de laisser le vélo sur place. On accepte. C’est ça de moins à charier.

De retour au camping, les tentes sont déjà montés et Benoit avait déjà commencé le souper! Il y a une papillote de légumes en train de cuire sur le BBQ. Il a prévu des saucisses pour accompagner le tout. C’est le bonheur! Encore merci Benoit! J’ai même eu droit à un dessert chocolaté « pas piqué des vers »! 😉

Après s’être bien rassasié, on décide d’aller faire un tour sur le bord du fleuve. Ces moments me touchent particulièrement. C’est beau, tout simplement.

Je profite également de la présence de Benoit pour me débarrasser de la petite chaise que je traînait (!!) et du linge en trop. Je vais rouler un peu moins lourd demain et je vais surtout avoir plus d’espace pour charger mon chariot. Youpi! Merci Benoit d’avoir particulièrement contribué à cette magnifique journée! 🙂

La Côte Nord commence… lentement – Jour 4

Comment dirais-je… c’est encore humide ce matin. Hier, j’ai vu mon site de camping de soir et ce matin je le vois mouillé! 😉 Je réussi à partir vers 10h. C’est toujours plus compliqué ranger en camping quand il pleut. Ça pourrait être pire en fait, je dirais qu’il fait juste « mouillasser ».

Pour sortir du camping et rejoindre la 138, je dois pousser tout mon attirail en haut d’une côte en gravel. C’est pesant, ça va pas vite.

Ensuite, j’ai la pire côte à faire jusqu’à Baie-Comeau selon le gars du camping. En fait, il m’a dit qu’il y avait elle et celle de Tadoussac, ma destination de la journée. Sérieusement, je l’ai trouvé raide. C’était vraiment un coup de pédale à la fois. Mon coeur battait fort, j’étais en toute puissance, j’atteignais un gros 4 km/h!! Voici une photo d’en haut d’une côte parce que c’est là que je prend mes pauses. 😉

Et finalement, je vois cette pancarte, c’est un peu plus encourageant! Je dois bientôt arrêter dîner. Oh! Super! Il y a une halte routière dans 1 km.

Oh! Cool! Il y a une autre cyclotouriste sur le site. Elle s’appelle Rebecca. C’est une fille du nord de l’Ontario qui en est à sa 12 journée de cyclo. Elle termine ça à Tadoussac justement. Super! Elle s’apprête à partir alors que je n’ai pas encore terminé mon dîner, mais on se donne nos coordonnées en se disant qu’on aura sûrement l’occasion de se voir en soirée. Elle avait prévu laisser une roche peinte « qui voyage » sur la table qu’elle a trouvé quelques jours plus tôt. C’est moi qui la fera voyager pour quelques jours. 🙂

La beauté des terrains côteux, c’est aussi qu’il y a des côtes qui descendent. C’est comme des km gratuits! On m’avait beaucoup parlé des côtes de la Côte Nord en parlant toujours de celles qui montent. De penser qu’il y en a aussi qui descendent, me semble que c’est un bout important à savoir! 😉

Je commence aussi à voir de beaux paysages typiques de la Côte Nord. Je me rapproche de Baie Ste-Catherine.

J’arrive pile poil sur le traversier. J’ai juste eu besoin de ralentir un peu et voilà, je suis à bord et le bateau quitte le port. C’est comme si c’est à ce moment là que je réalise où je suis rendu et je suis fière de moi.

Étant donné que j’avais du matériel encore mouillé et qu’il n’allait certainement pas sécher dans la journée, j’avais téléphoné le matin à l’auberge de jeunesse de Tadoussac pour réserver un lit. Je pourrai dormir au sec, faire mon lavage et faire sécher mon matériel. Avec mes « tâches » à faire, je contraste un peu beaucoup avec le monde qui « chill » solide! 🙂

Ma lampe frontale ne fonctionnait plus la veille, j’avais aussi perdu mon drapeau sur le traversier Rivière-du-Loup/St-Siméon et voilà que je crois qu’on vient de me voler mes lunettes! Je dois aller magasiner. Ceux qui me connaissent savent combien j’aime magasiner. 😉

Le propriétaire de ce bike shop m’a donné un drapeau qui ne servait plus et j’y ai trouvé une lampe frontale. C’est aussi à cet endroit que j’ai pu laver mon vélo et faire quelques ajustements. C’est dans une boutique souvenir que j’ai trouvé une nouvelle paire de lunettes. Yé! Mon magasinage est terminé!

C’est le temps d’aller rejoindre Rebecca au Gibard qui revient de sa croisière aux baleines. Nous avons passer un vrai bon moment ensemble à partager nos réflexions, nos impressions, nos aspirations. La bouffe était bonne et l’ambiance super avec un chansonnier qui nous a fait cadeau de cette chanson que j’adore.

Rebecca a beaucoup aimé la crème glacée du Québec trempée dans le chocolat. On ne pouvait pas passer à côté!

Retour à l’auberge avec Rebecca qui aimerait bien trouvé un « lift » pour retourner à Montréal le lendemain au lieu de prendre l’autobus qui part seulement à 16h. Casabon, un band de Limoilou, jouait à l’auberge. On a eut beaucoup de plaisir avec leur musique. Ils sont très bons en spectacle.

Une belle soirée avec ma nouvelle amie pour fêter la réussite du défi qu’elle s’était lancée. De mon côté, une autre preuve que « ça se fait »! 🙂 Et psstttt! Mon linge sent bon et il est sec! 🙂

Vive le vent – Jour 3

Je pars de Rivière Ouelle, il est 9h20 et je veux prendre le traversier à Rivière-du-Loup le jour même. Il vente. Avoir le vent de face en vélo, c’est comme monter une côte qui ne fini pas! Beaucoup d’efforts pour peu de km.

Ce fut toutefois une agréable journée. Il y a même le soleil qui s’est pointé le bout du nez quelques moments. Ce n’est pas rien!

Avant de quitter mon site de camping, j’ai parlé à plusieurs personnes qui étaient en cyclotourisme. D’ailleurs, la réserve de ce camping est vraiment super bien aménagé pour les cyclos. Le partage d’expériences, les sourires et les encouragements étaient au rendez-vous. Une fille en particulier qui avait déjà fait la côte nord était là pour me rassurer. Elle m’a tout simplement dit d’un air calme et serein: « La Côte Nord, ça se fait! Pis ça vaut vraiment l’effort! » Youpi! Super! Je ne change pas d’idée, j’y va!

Je pars. Je quitte cet endroit magnifique. Il fait beau. La route verte m’a amené sur la route du littoral. C’est toujours agréable quand on peut quitter la 132.

Mon ami François, compatriote de mes plus grandes aventures, était sur son chemin de retour de la Gaspésie avec ses deux garçons et on avait prévu se croiser cette journée-là. C’est cool, non? Nous avons dîné ensemble à Kamouraska. Un beau village touristique. Un autre « boost » de bonheur pour continuer ma journée!

En quittant, je lui ai dit à la blague :  » je dois quitter, j’ai un bateau à prendre! ». À ce moment là, je savais que je devais oublier l’embarquement de 14h45, mais je croyais que j’avais en masse de temps pour l’embarquement de 18h. J’avais 46 km à faire.

Les beaux champs de Kamouraska que j’avais dont hâte de rouler là, je les trouvais pas mal bruyant avec tout ce vent et me semble qu’ils étaient plus grands que dans mes souvenirs. J’avançais à pas de tortue. Je commençait à me dire qu’il y a une possibilité que je couche à Rivière-du-Loup. Encore une fois, le paysage est par chance toujours là pour nous accompagner.

Enfin! Un endroit pour s’arrêter, juste avant d’arriver à l’auberge de Notre-Dame-Portage, un endroit où je suis déjà venu avec ma famille. Je dois manger un peu. Je regarde l’heure, les km qui me reste à parcourir et je dois me faire à l’idée, je dois coucher à Rivière-du-Loup. Le traversier, ça va devoir attendre à demain. Je cherche un endroit et ça fini que je choisi le camping de la Pointe, le même camping où j’avais débuter mon périple de l’an dernier.

Après avoir mangé tout en jasant avec un couple dont la dame a déjà fait 3 semaines de vélo dans les Pays Bas il y a 45 ans (!!!), je repars avec plus d’énergie. Et ça va bien mon affaire! Je suis plus à l’abri du vent, les km s’accumulent plus vite que prévu. Je vais réussir à me rendre au traversier à temps. Il était 17h30 quand je suis arrivé. Super!

Et voilà! Je débarque sur la Côte Nord! En sortant, un employé du traversier me dit en riant : « En tout cas, tu vas avoir un bon test en partant ! » Il rit un peu trop. Qu’il continu à se marrer, j’ai une côte à monter! 🙂

Je suis arrivé à mon camping de St-Siméon à 20h sous une fine pluie juste avant la brunante. Ouf! Lets go Marie! Ce n’est pas fini! Monte ta tente, prend ta douche, cuisine, mange, bois beaucoup, planifie ta journée du lendemain, quelques réponses à des messages reçus et dodo! Il était 23h. Je ne vous ai pas écrit, désolé.