Ça roule – Jour 8

J’ai bien dormi et il fait beau à mon réveil. Le site est toujours aussi beau. Mon voisin m’offre un café que je refuse bien gentiment. J’ai arrêté le café pour l’occasion. Moins de matériel à traîner et plus de temps le matin. Quoique j’aurai pu me laisser tenter, mais mon sevrage est encore récent.

C’est un peu la même routine que d’habitude sauf que ce sera un peu plus compliqué pour l’eau ce matin. D’ailleurs, le voisin s’informe sur ce que je compte faire à ce sujet. J’ai avec moi une gourde qui sert également de filtreur (merci Benoit). J’ai repéré une petite chute d’eau hier. Je l’invite à m’accompagner pour remplir nos gourdes. La source d’eau me rappelle celle à laquelle nous avions bu directement lors d’un canyonning avec Griffon Aventure . L’eau est légèrement colorée, mais elle est bonne! Voilà ! Toutes nos bouteilles sont remplies. On a tout le nécessaire pour la journée.

Je me met à rouler, ça va bien, mon énergie est de retour. Il fait beau, il n’y a presque pas de vent et il y a peu de côtes. Ça aide! Les km s’accumulent rapidement. Je décide de me rendre au quai de Ragueneau pour dîner.

L’endroit est beaucoup plus gros et reconnu que je croyais. C’est vraiment beau, mais c’est moins « sauvage » que l’endroit où j’arrive. Je mange ma soupe de légumineuses avec mes légumes secs que j’ai fait cuire le matin.

J’hésite encore pour ma destination. J’essaie d’attraper le traversier de 17h30 ou je couche un autre soir de ce côté-ci et je prend le bateau du lendemain à 11h? J’ai une amie qui habite à Franquelin, mais je ne réussi pas à la rejoindre. On avait prévu essayer de se voir le 15 août, mais je lui avais écrit le matin avant de quitter Forestville en croyant que ça serait plutôt le 16 août. Avec l’heure du départ du traversier, reste seulement ce soir de possible.

Finalement, je décide d’étirer un peu la Côte-Nord. Je couche au Camping de la mer à Pointe-Lebel, à 12 km plus loin de ma route. J’aurais 32 km à faire le lendemain avant d’attraper le traversier. Je prévois me réveiller plus tôt demain matin pour être certaine d’être à l’heure.

J’arrive au soleil! Je sors mon linge, ma tente, etc. et je fais sécher le tout. Ce fut de courte durée. Le brouillard est arrivé et l’air était humide à nouveau. Il y a un restaurant sur le site. C’est mon plan pour le souper. Mais avant, une bonne douche chaude!! Yé! 🙂

Jour de repos – Jour 7

Je fais la grasse matinée ce matin. Je me réveille à 8h15. Je reçois un texto de Benoit me demandant une information pour la shop. C’est lundi, l’ébénisterie ouvre ses portes après 3 semaines. C’est bizarre, je ne suis pas là cette année. Je vérifie mes messages au travail. Je vais à l’essentiel. Je ne peux pas être ici et là-bas en même temps. Mon corps est encore fatigué ce matin. Il ne pleut pas, mais c’est encore humide. Mes mouvements sont lents, je prends mon temps. Je termine d’écrire le jour 5 sur le blogue en déjeunant.

Temps de plier bagages, je suis prête à partir, il est 11h45 !! Je roule à peine 1,5 km et il y a une halte routière. Vous connaissez ma règle? J’arrête. Magnifique! Je passe un bon moment à regarder les 3 pécheurs et la chute couler.

Je rejoint ma monture, il est 12h30. À ce rythme, je n’irai pas loin aujourd’hui ! En fait, j’ai trouvé grâce à l’application iOverlander un site qui semble superbe et où il est possible de monter sa tente gratuitement. Il y a des toilettes chimiques sur place, des poubelles et des tables à pique-nique. C’est à moins de 30 km. C’est mon 1er objectif. Après, je verrai si je vais plus loin. Il commence à pleuvoir. Quel changement ! Les paysages sont magestueux! J’ose imaginer ce que ça doit avoir l’air sous le soleil.

Je chante : « Amenez-moi au bout de la terre (…) il me semble que la misère serait moins pénible au soleil. » Ça me fait sourire et ça me donne surtout un « beat » en pédalant. J’alterne également avec la fredonnette que Rebecca m’a partagé : « Chu mouillée, chu mouillée, chu mouillée, chu mouillée (…) faque j’continue à pédaler.  » 😉

Avec tout ça, je fini par arriver à la halte dont je vous ai parlé, la halte de l’Anse-à-Norbert à Colombier. C’est magnifique ! Il est 14h. C’est assurément ici que je vais dîner et quelques minutes plus tard je décide que ce sera pour le coucher aussi. Il y a un pallier plus bas et deux sites avec tables de pique-nique pour installer ma tente. C’est parfait!

Peu de temps après, Carole et son petit-fils Théodore viennent me saluer. Ils sont sur leur retour d’un « road trip » sur la Côte-Nord. Ils sont allés jusqu’à Kégaska. Ils sont arrêtés pour dîner également. Carole m’offre de me faire un sandwich et de partager le repas avec eux. Génial ! Nous avons même des crudités et de l’humus. C’est bon!

Ils m’ont raconté leur voyage et Théodore m’a montré tous les autocollants qu’il a récolté pour chaque village visité. Il y en a 43 au total à collectionner et il les a presque tous! Les autocollants sont tous uniques et magnifiques. Ils sont offerts gratuitement par l’office du tourisme. Quelle belle idée pour inviter plus de gens à quitter la 138 et à se rendre dans les villages.

Carole et Théodore reparte tranquillement. Le soleil sort! J’étend ma serviette et mon linge pour essayer de les faire sécher un peu tout en admirant la vue au soleil… ou du moins, avec un peu de ciel bleu!

C’est au tour de Richard et Jean-Claude de se pointer avec leur motorisé. Ils décident de rester pour la nuit. Jean-Claude a été pendant 42 ans technicien de la faune pour le ministère du Québec. Cool! Il a pleins d’histoires de terrain à raconter et ça me permet de partager les miennes. De plus, il connaît assez bien la Côte-Nord pour l’avoir parcouru une dizaine de fois. C’est grâce à eux que la batterie de mon cellulaire est rechargée et c’est grâce à Jean-Claude que je peux maintenant vous dire le vrai nom des petits pois de bord de mer : la gesse maritime.

Arrive également un cyclotouriste qui monte sa tente sur l’autre site disponible. Il vient de faire 90 km. C’est sa 1ère journée d’un « trip » d’environ 1 semaine. Il prévoit aussi faire les 2 rives du fleuve : Escoumins – Godbout et Matane – Rivière-du-Loup. Il prendra ensuite le traversier pour récupérer sa voiture aux Escoumins. C’est une belle version aussi!

Avant le souper, je vais marcher sur la plage et les rochers de l’Anse. C’est incroyable ! C’est beau! Je me sens au paradis! Je me sens en totale symbiose avec la nature. C’est magique !

J’ai mangé des bleuets, quelques framboises et plusieurs gousses de la gesse maritime. J’ai même trouvé du poivre des Dunes pour la 1ère fois!

Je suis rempli de gratitude pour cette nature généreuse et les belles rencontres d’aujourd’hui. Je crois avoir réussi à faire le plein d’énergie pour ma journée de demain. 🙂

La fatigue s’installe – Jour 6

Comme prévu, Benoit revient me porter à Petits-Escoumins. P-O nous annonce qu’il n’a pas vendu mon vélo sur Marketplace. Super! Tout mon matériel est débarqué. Je fais mes saluts! Avant de partir, le couple qui ont dormi dans leur véhicule sur place et qui se prépare à quitter également. On jase, ils aiment mon histoire, ils sont photographes. L’homme me demande s’il peut prendre mon portrait. J’accepte. On verra qui aura fait la meilleure photo, Benoit ou le photographe ? 😉

Assez vite, je me retrouve à côtoyer les paysages typiques de la Côte-Nord. La journée est difficile. Il ne pleut pas, mais c’est nuageux et il fait froid. J’ai un bon vent de face qui n’aide pas ma cause.

Malgré tout, j’avance et j’arrive à une première halte routière. Je suis à Longue-Rive. En cherchant les toilettes, je m’aperçois qu’il y a une magnifique chute de l’autre côté de la route et un sentier qui nous amène à un pont suspendu. Wow! De toute beauté ! Ça valait le détour! Règle importante : toujours s’arrêter dans les haltes routières! Il y a toujours quelque chose de beau à voir!

Les km s’accumulent et les paysages défilent tranquillement. Je suis mouillée et je suis fatigué d’être mouillée. Je ne suis pas encore assez fatiguée par contre pour ne pas apprécier la beauté des paysages.

J’ai hâte d’arriver à mon camping. Il est situé juste à côté du traversier de Forestville. Grosse côte à descendre pour se rendre. Je pense déjà que je devrai la remonter demain.

Après avoir monté ma tente et pris ma douche, j’ai un peu de temps pour aller sur la plage avant le dîner. Je ne me baigne pas, mais je ramasse des petits pois du bord de mer. J’ai oublié leur vrai nom. Ça me fait un petit apéro!

C’est l’heure du souper. J’en profite pour vous raconter mes journées précédentes. Je m’amuse à prendre des photos de mon site. Ça ferait des bonnes pubs d’articles de plein air, non? 😉

Je me sens toujours fatigué après avoir mangé. J’avais prévu une grosse journée demain. J’pense que je vais changer mes plans. À suivre…

De la visite – Jour 5

Je pars de Tadoussac avec ma nouvelle lampe frontale, mon nouveau drapeau et mes nouvelles lunettes. Une autre bonne côte à monter en partant. C’est fait!

J’arrête au Lac à Jérôme pour dîner. Bel endroit. Je me régale. J’ai un restant de mon panini d’hier et une soupe de légumineuses que j’ai cuisiné avant de partir ce matin.

Benoit et ses garçons viennent me rejoindre en camping dans le coin de Grandes-Bergeronnes ou les Escoumins ce soir. Youpi! Je tombe là-dessus juste avec de quitter après le dîner. Je n’ai rien bougé. C’était tel quel. J’ai une pensée pour « ma gang ».

Il fait beau, j’ai un vent de dos, le paysage est merveilleux. Mon corps répond bien. La vie est belle!!! J’ai même trouvé pleins de bleuets ! Miam! Miam! J’ai l’impression que je vais avoir la chance d’en manger à chaque jour ici si je veux.

Je viens tout juste de quitter ma cueillette de bleuets quand Benoit me dépasse en camion. Il est environ 14h30, on est entre Grandes-Bergeronnes et les Escoumins. Il n’y a plus de terrain de camping disponible au Paradis Marin et à Mer et Monde. Reste Cap Bon Désir à Grandes-Bergeronnes ou un camping aux Escoumins. C’est Cap Bon Désir qui gagne.

On avait convenu que je continuerais en vélo encore quelques temps vu que les conditions sont parfaites. Benoit avait accepté de venir me chercher et de me ramener le lendemain matin à l’endroit où je serai rendu. Trop cool, non? Encore une fois, le support de Benoit est grandement apprécié !!!

Je roule, ça va bien, j’ai le sourire aux lèvres. Je dois vite trouver en endroit pour arrêter. Je ne veux pas exagérer sur les km supplémentaires que Benoit devra faire. Je cherche un endroit adéquat. Je ne veux pas juste arrêter « no where » sur le bord de la 138.

Je vois une pancarte Petits-Escoumins. Il y a un pont et je vois plus bas à l’embouchure de la rivière un bloc de béton où je pourrai accoter mon vélo et mon chariot. L’endroit semble magnifique. C’est parfait! J’arrive et il y a une maison tout près.

Un homme y sort pour me demander si tout va bien. Je lui explique ma situation et me voilà bientôt assise sur leur galerie une tasse des Nordiques avec un peu de bière à la main (il avait compris que j’étais originaire de Québec). Je rencontre sa blonde Sarah, c’est la journée de sa fête. Leur fille Charlie est avec eux, la mère de Sarah, leur chienne Clochette et voilà que le voisin vient nous rejoindre. On jase, j’ai pleins de plaisirs, on rit. J’ai rarement vu mieux lorsqu’on doit attendre son « lift ».

Benoit arrive, il reçoit le même accueil. Ils nous proposent de laisser le vélo sur place. On accepte. C’est ça de moins à charier.

De retour au camping, les tentes sont déjà montés et Benoit avait déjà commencé le souper! Il y a une papillote de légumes en train de cuire sur le BBQ. Il a prévu des saucisses pour accompagner le tout. C’est le bonheur! Encore merci Benoit! J’ai même eu droit à un dessert chocolaté « pas piqué des vers »! 😉

Après s’être bien rassasié, on décide d’aller faire un tour sur le bord du fleuve. Ces moments me touchent particulièrement. C’est beau, tout simplement.

Je profite également de la présence de Benoit pour me débarrasser de la petite chaise que je traînait (!!) et du linge en trop. Je vais rouler un peu moins lourd demain et je vais surtout avoir plus d’espace pour charger mon chariot. Youpi! Merci Benoit d’avoir particulièrement contribué à cette magnifique journée! 🙂

La Côte Nord commence… lentement – Jour 4

Comment dirais-je… c’est encore humide ce matin. Hier, j’ai vu mon site de camping de soir et ce matin je le vois mouillé! 😉 Je réussi à partir vers 10h. C’est toujours plus compliqué ranger en camping quand il pleut. Ça pourrait être pire en fait, je dirais qu’il fait juste « mouillasser ».

Pour sortir du camping et rejoindre la 138, je dois pousser tout mon attirail en haut d’une côte en gravel. C’est pesant, ça va pas vite.

Ensuite, j’ai la pire côte à faire jusqu’à Baie-Comeau selon le gars du camping. En fait, il m’a dit qu’il y avait elle et celle de Tadoussac, ma destination de la journée. Sérieusement, je l’ai trouvé raide. C’était vraiment un coup de pédale à la fois. Mon coeur battait fort, j’étais en toute puissance, j’atteignais un gros 4 km/h!! Voici une photo d’en haut d’une côte parce que c’est là que je prend mes pauses. 😉

Et finalement, je vois cette pancarte, c’est un peu plus encourageant! Je dois bientôt arrêter dîner. Oh! Super! Il y a une halte routière dans 1 km.

Oh! Cool! Il y a une autre cyclotouriste sur le site. Elle s’appelle Rebecca. C’est une fille du nord de l’Ontario qui en est à sa 12 journée de cyclo. Elle termine ça à Tadoussac justement. Super! Elle s’apprête à partir alors que je n’ai pas encore terminé mon dîner, mais on se donne nos coordonnées en se disant qu’on aura sûrement l’occasion de se voir en soirée. Elle avait prévu laisser une roche peinte « qui voyage » sur la table qu’elle a trouvé quelques jours plus tôt. C’est moi qui la fera voyager pour quelques jours. 🙂

La beauté des terrains côteux, c’est aussi qu’il y a des côtes qui descendent. C’est comme des km gratuits! On m’avait beaucoup parlé des côtes de la Côte Nord en parlant toujours de celles qui montent. De penser qu’il y en a aussi qui descendent, me semble que c’est un bout important à savoir! 😉

Je commence aussi à voir de beaux paysages typiques de la Côte Nord. Je me rapproche de Baie Ste-Catherine.

J’arrive pile poil sur le traversier. J’ai juste eu besoin de ralentir un peu et voilà, je suis à bord et le bateau quitte le port. C’est comme si c’est à ce moment là que je réalise où je suis rendu et je suis fière de moi.

Étant donné que j’avais du matériel encore mouillé et qu’il n’allait certainement pas sécher dans la journée, j’avais téléphoné le matin à l’auberge de jeunesse de Tadoussac pour réserver un lit. Je pourrai dormir au sec, faire mon lavage et faire sécher mon matériel. Avec mes « tâches » à faire, je contraste un peu beaucoup avec le monde qui « chill » solide! 🙂

Ma lampe frontale ne fonctionnait plus la veille, j’avais aussi perdu mon drapeau sur le traversier Rivière-du-Loup/St-Siméon et voilà que je crois qu’on vient de me voler mes lunettes! Je dois aller magasiner. Ceux qui me connaissent savent combien j’aime magasiner. 😉

Le propriétaire de ce bike shop m’a donné un drapeau qui ne servait plus et j’y ai trouvé une lampe frontale. C’est aussi à cet endroit que j’ai pu laver mon vélo et faire quelques ajustements. C’est dans une boutique souvenir que j’ai trouvé une nouvelle paire de lunettes. Yé! Mon magasinage est terminé!

C’est le temps d’aller rejoindre Rebecca au Gibard qui revient de sa croisière aux baleines. Nous avons passer un vrai bon moment ensemble à partager nos réflexions, nos impressions, nos aspirations. La bouffe était bonne et l’ambiance super avec un chansonnier qui nous a fait cadeau de cette chanson que j’adore.

Rebecca a beaucoup aimé la crème glacée du Québec trempée dans le chocolat. On ne pouvait pas passer à côté!

Retour à l’auberge avec Rebecca qui aimerait bien trouvé un « lift » pour retourner à Montréal le lendemain au lieu de prendre l’autobus qui part seulement à 16h. Casabon, un band de Limoilou, jouait à l’auberge. On a eut beaucoup de plaisir avec leur musique. Ils sont très bons en spectacle.

Une belle soirée avec ma nouvelle amie pour fêter la réussite du défi qu’elle s’était lancée. De mon côté, une autre preuve que « ça se fait »! 🙂 Et psstttt! Mon linge sent bon et il est sec! 🙂

Vive le vent – Jour 3

Je pars de Rivière Ouelle, il est 9h20 et je veux prendre le traversier à Rivière-du-Loup le jour même. Il vente. Avoir le vent de face en vélo, c’est comme monter une côte qui ne fini pas! Beaucoup d’efforts pour peu de km.

Ce fut toutefois une agréable journée. Il y a même le soleil qui s’est pointé le bout du nez quelques moments. Ce n’est pas rien!

Avant de quitter mon site de camping, j’ai parlé à plusieurs personnes qui étaient en cyclotourisme. D’ailleurs, la réserve de ce camping est vraiment super bien aménagé pour les cyclos. Le partage d’expériences, les sourires et les encouragements étaient au rendez-vous. Une fille en particulier qui avait déjà fait la côte nord était là pour me rassurer. Elle m’a tout simplement dit d’un air calme et serein: « La Côte Nord, ça se fait! Pis ça vaut vraiment l’effort! » Youpi! Super! Je ne change pas d’idée, j’y va!

Je pars. Je quitte cet endroit magnifique. Il fait beau. La route verte m’a amené sur la route du littoral. C’est toujours agréable quand on peut quitter la 132.

Mon ami François, compatriote de mes plus grandes aventures, était sur son chemin de retour de la Gaspésie avec ses deux garçons et on avait prévu se croiser cette journée-là. C’est cool, non? Nous avons dîné ensemble à Kamouraska. Un beau village touristique. Un autre « boost » de bonheur pour continuer ma journée!

En quittant, je lui ai dit à la blague :  » je dois quitter, j’ai un bateau à prendre! ». À ce moment là, je savais que je devais oublier l’embarquement de 14h45, mais je croyais que j’avais en masse de temps pour l’embarquement de 18h. J’avais 46 km à faire.

Les beaux champs de Kamouraska que j’avais dont hâte de rouler là, je les trouvais pas mal bruyant avec tout ce vent et me semble qu’ils étaient plus grands que dans mes souvenirs. J’avançais à pas de tortue. Je commençait à me dire qu’il y a une possibilité que je couche à Rivière-du-Loup. Encore une fois, le paysage est par chance toujours là pour nous accompagner.

Enfin! Un endroit pour s’arrêter, juste avant d’arriver à l’auberge de Notre-Dame-Portage, un endroit où je suis déjà venu avec ma famille. Je dois manger un peu. Je regarde l’heure, les km qui me reste à parcourir et je dois me faire à l’idée, je dois coucher à Rivière-du-Loup. Le traversier, ça va devoir attendre à demain. Je cherche un endroit et ça fini que je choisi le camping de la Pointe, le même camping où j’avais débuter mon périple de l’an dernier.

Après avoir mangé tout en jasant avec un couple dont la dame a déjà fait 3 semaines de vélo dans les Pays Bas il y a 45 ans (!!!), je repars avec plus d’énergie. Et ça va bien mon affaire! Je suis plus à l’abri du vent, les km s’accumulent plus vite que prévu. Je vais réussir à me rendre au traversier à temps. Il était 17h30 quand je suis arrivé. Super!

Et voilà! Je débarque sur la Côte Nord! En sortant, un employé du traversier me dit en riant : « En tout cas, tu vas avoir un bon test en partant ! » Il rit un peu trop. Qu’il continu à se marrer, j’ai une côte à monter! 🙂

Je suis arrivé à mon camping de St-Siméon à 20h sous une fine pluie juste avant la brunante. Ouf! Lets go Marie! Ce n’est pas fini! Monte ta tente, prend ta douche, cuisine, mange, bois beaucoup, planifie ta journée du lendemain, quelques réponses à des messages reçus et dodo! Il était 23h. Je ne vous ai pas écrit, désolé.

Un jour sans pluie, c’est agréable! – Jour 2

Aucune pluie prévue aujourd’hui ! Youpi!! Beaucoup de matériel à ranger dû à la pluie d’hier. Je fini de faire sécher le plus possible mon linge, mes souliers, etc, ce matin. Tout compte fait, on réussi à partir vers 10h40. C’est tard, mais la bonne humeur est toujours là!

Ça roule bien. On a un petit vent dans le dos et c’est pratiquement plat. C’est nuageux, mais c’est parfait! Pas trop chaud, pas trop froid. C’est parfait comme première journée avec le chargement complet.

Le paysage sous nos yeux est magnifique. Je vois bien les côtes de Charlevoix que j’ai évité et la présence du fleuve qui se fait de plus en plus sentir. Nous croisons également beaucoup de champ, des vaches, des chevaux. C’est agréable de voir tranquillement le paysage défiler de chaque côté de la route. Et vous savez quoi? Les cours d’eau et fossés sont gorgés d’eau! Et oui!

On dîne à la halte de l’Islet-sur-mer. Il y a des sculptures de sable. C’est vraiment beau ce que des artistes réussissent à faire. Il y a des pécheurs. C’est un bel endroit, mais ce n’est pas vraiment tranquille. Pour cause, c’est aussi l’heure du dîner d’un camp de jour ! Un coup rassasié, on repart sur nos vélos.

On décide d’arrêter plus loin à la Seigneurie des Aulnaies. Endroit magnifique! On rencontre le jardinier fort sympathique qui nous parle de l’endroit. Nous avons appris plein de choses incroyables. Il y a le manoir du Seigneur à visiter avec ses plafonds de 12 pieds et nous nous trouvons à côté d’un moulin hyper ingénieux pour l’époque et toujours fonctionnel! Il y a à l’intérieur une roue de 26 pieds de haut! La roue n’est pas actionnée directement par la chute comparativement à plusieurs moulins, mais par un système qui amène l’eau à l’intérieur. Il y a une visite guidée du manoir et du moulin. Je suis certaine que ça doit être très intéressant.

C’est à cet endroit que nous allons malheureusement se quitter Benoit et moi. Son genou le fait souffrir et il doit revenir à Montmagny d’ici vendredi. Ça nous fait tout bizarre. Je ne suis pas parti aussi longtemps depuis que nous sommes ensemble. On va certainement avoir pleins de choses à se raconter à mon retour! Une petite bouffe avant de se dire aurevoir? Bien sûr! 🙂

De mon côté, il me reste 22 km à faire avant d’arriver au camping de la Rivière Ouelle. Vu l’heure tardive, c’est à cet endroit que je vais m’arrêter. Après avoir emprunté une piste cyclable de la route verte, je rebrousse chemin pour revenir sur la 132 puisque la piste était sur gravier et il m’était difficile de manoeuvrer sur ce terrain. Le camping de la rivière Ouelle : un endroit de toute beauté ! Je vous laisse en juger avec ces photos.

Juste avant d’arriver.

Mon site de camping. Un site sur ce qu’ils appellent la réserve, un endroit qui accueille les cyclistes à l’improviste. Je continue d’essayer de faire sécher mon linge.

Et pour finir, le coucher de soleil!

Sur ce, c’est le temps de dormir. À demain! 🙂

C’est parti! – Jour 1

Plan A: Miss Météo s’est trompé. On se retrouve seulement avec des averses dispersées. On part Benoit et moi comme prévu. Plan C : c’est le déluge total, le vent a juste pas d’allure. On va au cinéma, on chill. On se rend à Montmagny en auto. Plan B : il mouille, il vente, mais c’est passable. Benoit se rend à Montmagny en auto avant moi avec une partie de mon stock. Ça me permet de rouler plus léger et de mieux me familiariser avec mon Bob (chariot) et une partie de mon matériel sous la pluie. C’est le plan B qui a gagné!

On s’est rejoint à mi-chemin Benoit et moi ce qui nous a permis de faire la moitié du parcours ensemble. C’était parfait comme plan vu la situation. Je vous dit déjà le punch : on a réussi à finir ça à Montmagny, mais on s’est pris un motel! La tente se soir, ça n’avait juste pas de bon sens. La chambre est remplie de stock à faire sécher. Demain, la météo est supposé être de notre bord. Alléluia !!! 🙂

Je suis partie à 9h35 ce matin et on a terminé vers 18h. Grosse journée ! J’ai comme on dirait eut un faux départ ce matin. On voulant fixer mon chariot sur mon vélo ce matin, oh malheur, il me manque une attache! La genre de corde en caoutchouc qui retient l’attache est brisée. Je ne vois pas l’attache dans le garage où je suis. Oh non, j’espère qu’elle n’est pas resté dans la boîte du camion à Benoit!! Vite, coup de fil, il était sur le point de partir. Il cherche, pas d’attache de son côté. Pendant ce temps, je cherchait de mon côté dans l’entrée de la cours et Eurêka! La voilà ! Fiou!!! Je commençait à avoir chaud! Et bien sûr, grâce à mon Duck Tape légendaire, je peux maintenir le tout en place. Ceux qui me connaissent bien, savent toutes les choses innombrables et inusitées que j’ai déjà réparé avec mon ami le Duck Tape. 😉

Je réinstalle le tout dans mon chariot bien fixé à mon vélo et ça y est! C’est le départ! On danse littéralement mon amie Chantal, ses filles et moi. C’est un beau moment! Photo de départ, accolades et me voilà en selle!

Les premiers 20 km sont très agréables malgré la pluie. Je suis sur une piste cyclable hyper bien aménagé. Mon coeur est heureux. J’ai le sourire accroché aux lèvres. Je croise deux cyclotouristes en sens inverses. Je leur fait des saluts très joyeux et complices. Voici quelques photos de cette première portion. Je n’ai pas pris beaucoup de photos. Je vous rappelle qu’il mouillait! 😉

Juste avant d’embarquer sur la 132, je parle à Benoit et on convient que Beaumont sera notre lieu de rendez-vous. Il me reste environ 10 km à faire. Il ne me reste plus beaucoup de batterie pour mon cellulaire. Je décide de le fermer et de l’ouvrir juste un peu avant Beaumont pour rappeler Benoit et savoir si l’un de nous deux à trouvé un bon endroit pour se reposer un peu. Ce 10 km est beaucoup moins intéressant. C’est pas mal moins l’fun avec les voitures. Ça fait du bruit et ça arrose avec du sable.

J’arrive à Beaumont, je tente d’ouvrir mon cellulaire, il se referme aussitôt. Je n’ai plus de batterie. Je roule encore un peu, mais je ne veux pas manquer Benoit. Je vois une école, je m’approche en ayant l’idée d’y trouver peut-être une prise à l’extérieur, mais j’y trouve plutôt des enfants sur leur heure de dîner. Un garçon très poli s’informe si j’ai besoin d’aide. Je lui explique ma situation. Il m’offre d’entrer pour téléphoner avec le téléphone de l’école. J’accepte. Dans ma tête, il y a un téléphone au mur dans le corridor comme dans mon temps. Ha ha! Et non! Il cogne plutôt à une pièce et j’y voit deux dames en train de travailler sur leur ordinateur. Il explique ma situation à son tour et une des dames me dirige vers un téléphone plus loin. Je dégouline et je suis plutôt gênée. J’appelle tout de même Benoit et il me dit qu’il m’attend à l’église, à peine quelques mètres plus loin.

Contente de retrouver Benoit. Il me dit qu’il a acheté des fraises. Miam! L’église est ouverte et un autre jeune garçon hyper sympathique et compétent est là pour nous offrir une visite de ce site patrimonial, une église de bientôt 300 ans. On s’est réchauffer un peu, on a grignoté pendant cette visite qui fut fort intéressante. Il y avait, entre autre, plusieurs trésors d’ébénisterie là-dedans.

On a faim et on aimerait se reposer pour vrai dans un endroit confortable. Le garçon nous suggère un resto à 10 km us loin. C’est là qu’on s’en va! C’est l’fun de rouler avec Benoit! Une bonne soupe maison nous attend et j’en profite pour recharger mon cellulaire au resto. Je change également de gilet pour un autre un peu plus chaud.

Le dernier 30 km a été plus difficile. On avait le vent de face et il était plutôt fort par moment. La pluie voulait se calmer par bout, ce qui était tout de même une bonne chose. On a même eut droit de l’aide d’un pommier qu’on a trouvé par hasard. Il nous a offert à chacun de nous une de ses pommes. 🙂

Et on a fini par se rendre! Complètement mouillé à la grandeur, mais heureux et fiers de notre journée !

Jour zéro… ou la veille du départ.

Ça y est ! Tout le matériel est prêt. Je stress un peu. Mon chariot avec mon matériel pèse 60 lbs! C’est 15 lbs de plus que ce que j’avais l’an dernier pour mes 6 jours. Ceci s’explique par le fait que j’ai plus de nourriture et de linge chaud, une gourde d’eau qui sert également de filtre, ainsi qu’une bonbonne de gaz et chaise compacte supplémentaires. Pour le reste, c’est sensiblement ce que j’avais l’an dernier. Voici à quoi ressemble mon chargement. Je trouve ça gros, mais je devrais m’habituer bientôt… enfin j’espère. 😉

Je suis allé faire un « road test » avant de partir de la maison pour m’assurer que tout fonctionne encore. C’est bon! Je suis encore capable d’avancer à un rythme raisonnable. Je ne gagnera pas des concours de vitesse, mais ça devrait aller! 🙂

Je suis ensuite parti en voiture pour me rendre chez mes amis à St-Rédempteur, lieu de départ prévu demain. Mon chum a décidé de venir pédaler avec moi les premiers jours! C’est génial! Je me sens fébrile! C’est un projet que j’ai d’abord créé dans ma tête. J’en ai ensuite parlé et j’ai fait tout le nécessaire pour que ça se réalise. Et voilà que ça y est! J’y suis! Je réfléchis sur le fait que tout ce que nous voulons dans la vie fonctionne de la même façon. Pensez-y ! 🙂

Seul ombre au tableau : Miss Météo. Ils annoncent la flotte demain, je dirais plutôt, le déluge!!! J’ai un plan A, B et C. Je vous dirais lequel j’aurai choisi demain. 🙂

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